Cette courte voirie relie le square de Boondael à la fin de l'avenue des Grenadiers.

La rue de la Treille est un tronçon de l'ancien Dieweg. Le Dieweg, ancien chemin vicinal, fut une première fois élargi et prolongé afin de relier le centre du hameau de Boondael à la gare dite de Watermael-Berg (arrêté royal du 29.06.1885). Il est une nouvelle fois élargi en vertu de l'arrêté royal du 08.01.1890. Il comprend alors la rue de la Treille, le square de Boondael et le tronçon de l'avenue du Bois de la Cambre, allant du square du Vieux Tilleul au Bois de la Cambre. Alors, seul le tronçon allant de Watermael-Boitsfort au square du Vieux Tilleul est nommé avenue du Bois de la Cambre. Cette dernière et le Dieweg sont tous deux intégrés aux divers plans d'aménagement du quartier de Boondael (arrêtés royaux des 08.11.1907, 09.04.1908, 05.09.1930, 19.06.1931, 02.11.1937) et ne prennent leurs appellations actuelles qu'en 1937.

La treille, entrelacs de vignes grimpantes, est un toponyme évoquant les végétaux, qui peut être rapproché de ceux de certaines rues voisines (mûriers, merisiers).

Au tout début de la rue, s'élevait autrefois la ferme de la Vache, probablement construite à la fin du XVIIe siècle. Elle fut détruite en 1934. Une partie des matériaux fut réutilisée pour la construction d'un nouveau bâtiment, le n°4 du square de Boondael: encadrement de portes et fenêtres, éléments en pierre blanche du soubassement et pierres provenant de l'ancien portail de la ferme se retrouvent dans la maçonnerie.
Une autre ferme, la Groot hof van Boendael, se situait, elle, à hauteur des nos11 à 15. Ses origines remontent probablement au XVe siècle. Ses derniers bâtiments furent détruits en 1937.

Cour de l’ancienne Ferme de la Vache, début du XXe siècle, AVB, Fonds iconographique, c 4144.

Le côté pair de la rue est bâti dès 1900 de modestes maisons de style éclectique d'inspiration néoclassique de deux travées sur deux niveaux (nos10 et 12, 1902; nos°14 et 14a, 1903; n°16, entre 1900 et 1905; n°18, 1910). Parmi elles le n°20, un ancien estaminet dénommé Au jardinier et qui doit son implantation de maison d'angle au fait qu'il se trouvait autrefois à l'angle de l'ancienne rue des Commères aujourd'hui disparue (mais dont le souvenir est perpétué par un passage piéton au cœur du complexe d'appartements dû au Bureau d'architecture Pierre Blondel, achevé en 2008). Ces quelques maisons construites au début du XXe siècle témoignent aujourd'hui, avec quelques rares autres exemples dans le quartier, du bâti de l'ancien noyau villageois de Boondael avant ses grandes phases d'urbanisation.
La rue est complétée principalement en 1950 de petits immeubles à appartements.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACI/TP Quartier Boondael.
ACI/Urb. 10, 12: 287-10; 14, 14a: 287-14a; 18: 287-18; 20: 287-20.

Ouvrages
BOVY, Ph., Boondael (2), Commune d'Ixelles, Bruxelles, 2003 (À la découverte de l'histoire d'Ixelles, 10).
DOSOGNE, D., Formation et évolution de deux quartiers résidentiels du Sud-est de Bruxelles: le quartier du Solbosch et le quartier de Boondael, mémoire de fin de licence spéciale en Urbanisme et Aménagement du territoire, ULB, 1994.
GUILLAUME, A., MEGANCK, M., et al., Atlas du sous-sol archéologique de la Région de Bruxelles:15 Ixelles, Bruxelles, 2005.
Ixelles, Ensembles urbanistiques et architecturaux remarquables, ERU, Bruxelles, 1990, pp. 135-137.