Partagée entre les territoires de Saint-Gilles et d'Ixelles, la rue Veydt débute chaussée de Charleroi et aboutit rue Defacqz. Elle franchit le territoire d'Ixelles à partir du no 29 côté impair et du no 36 côté pair (voir Inventaire de Saint-Gilles pour le début de la rue).

Son tracé définitif est sanctionné par l'arrêté royal du 20.02.1864 qui fixe le Plan général d'alignement pour l'ouverture de rues et places sur le territoire compris entre l'avenue du Bois de la Cambre et les chaussées de Waterloo et de Charleroi, soit le plan du quartier dit Ten Bosch (inspecteur-voyer Victor Besme).

La rue est approximativement établie sur l'assiette de l'ancien chemin dit de Saint-Gilles à l'Arbre Bénit (également dénommé Zavelstraete), qui débutait chaussée de Waterloo et menait au lieu-dit de l'Arbre Bénit, au croisement des actuelles rues Defacqz et Veydt. Cet Arbre Bénit, mentionné dès le début du XIIIe siècle sous la forme d'Elterken, puis de Lindeken et de Geweyden Boom (XVIIe – XVIIIe siècle), était un vieux tilleul situé sur une hauteur et auquel une tradition ancestrale attribuait des vertus curatives. Après la pluie, on y déposait des personnes fiévreuses sous la ramure, dans l'espoir que les gouttes qui en tombaient guériraient les malades (Guillaume, A., et al., Bruxelles, 2005, pp. 48, 49). Le chemin est sectionné à l'occasion de l'urbanisation du quartier Louise qui débute en 1840. Il donnera naissance à trois nouvelles rues : la rue Jourdan, la rue de la Source et la rue Veydt (Dons, R., CB, t. XXVIII, 1987, pp. 32-37).

La rue porte le nom de Maximilien Veydt né en 1823, professeur à l'Université Libre de Bruxelles, avocat et écrivain ; ses œuvres sont publiées après sa mort en 1873. M. Veydt est nommé échevin à Ixelles entre 1858 et 1860, puis devient député permanent de la province de Brabant. Grand défenseur des intérêts ixellois, il se fait remarquer par ses discours lors de l'annexion de territoires ixellois par la Ville de Bruxelles.

La rue se construit d'immeubles durant le dernier quart du XIXe siècle. Le bâti présentait une certaine homogénéité au début du XXe siècle mais l'harmonie des façades et des gabarits est aujourd'hui rompue en raison de la construction, en 1965, d'un vaste immeuble à appartements (no 64-66, architecte Jacques Cuisinier) et les nombreuses modifications apportées en façade (nouveaux parements de briquettes, enduits cimentés, exhaussements, etc.)

À hauteur du carrefour avec la rue de Florence, le bâti conserve cependant son aspect d'origine présentant une cohérence néoclassique harmonieuse et symétrique. Ces immeubles d'angle, à travée biaise et à angle droit, se font écho deux à deux. Les nos 76 et 78, aujourd'hui transformés en logement, étaient à l'origine des écuries et des dépôts ; ils n'ont conservé que leur gabarit.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACI/TP Historique des rues (1925).
ACI/TP 1.
ACI/Urb. 64-66 : 305-64-66.

Ouvrages
GUIlLAUME, A., MEGANCK, M., et al., Atlas du sous-sol archéologique de la Région de Bruxelles : 15 Ixelles, Bruxelles, 2005, pp. 48, 49.
Inventaire visuel de l'architecture industrielle à Bruxelles. Ixelles, AAM, Bruxelles, 1980-82, fiche 43.

Périodiques
DONS, R., « Obbrussel-st-Gilles et son réseau de communications. Des origines à 1900 environ », Cahiers bruxellois, t. XXVIII, 1987, pp. 32-37.
HAINAUT, M., « Une rue d'Ixelles porte leur nom, 2e partie de H à Z », Mémoire d'Ixelles, 29, 1988, p. 43.