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Cette large et courte artère rectiligne part du point de rencontre des rues Bouré et de l'Athénée, à hauteur de l'abside de l'église Saint-Boniface, et aboutit rue de la Tulipe.

Elle est ouverte vers 1880 dans le cadre du Plan d'alignement et d'expropriation par zones pour la transformation du quartier dit de Saint-Boniface, situé entre la rue Francart et la chaussée d'Ixelles, la rue du Conseil et la chaussée de Wavre (arrêtés royaux des 10.05.1876 et 31.07.1877), élaboré par la commune d'Ixelles. Ce plan de transformation du quartier Saint-Boniface devait notamment résoudre les problèmes de communication que connaissait l'ancien faubourg de la porte de Namur qui s'était progressivement développé, sans véritable plan directeur et du fait d'investisseurs privés, suite à la démolition des fortifications en 1785.

Ainsi, le plan prévoit de redresser, élargir et prolonger les anciennes ruelles du faubourg tandis que les rues nouvellement créées se résument à des ramifications des chaussées et rues déjà existantes, en fonction des besoins. Les nouvelles artères seront principalement ouvertes dans la zone située à l'arrière de l'église Saint-Boniface (voir rue de la Paix n°21a-23). Épargnée jusqu'alors par l'urbanisation, cette zone est parcourue de jardins-légumiers et de bâtiments agricoles appartenant à monsieur Jacquelaert (Popp, P.C., 1860). Les travaux de voirie sont exécutés dès 1878, avec l'ouverture de la rue Jules Bouillon dans l'axe de l'abside de l'église Saint-Boniface, au départ des rues Bouré et de l'Athénée, tracées en oblique et partant, l'une de la chaussée d'Ixelles, l'autre de la rue Longue Vie. Le tracé de la rue Jules Bouillon se prolonge jusqu'à la rue Van Volsem via les rues de la Crèche et Van Aa, donnant ainsi une véritable perspective à l'arrière de l'édifice religieux.

Tracée dans l'axe de l'abside de l'église Saint-Boniface, la rue est originellement baptisée rue Saint-Boniface, une appellation finalement dévolue à la rue ouverte dans l'axe du portail de l'église. Depuis 1883, elle rend hommage à Jules Bouillon (1808-1882) qui, pendant 42 ans, fit partie du personnel enseignant de la Ville de Bruxelles. Conseiller communal (1855) puis échevin de l'Instruction publique d'Ixelles (1860, 1878-1881), J. Bouillon contribue en 1852 à la création de la Crèche-école gardienne d'Ixelles dont il est nommé Vice-Président et, en 1856, favorise la création de la première école communale pour filles à Ixelles. Il est également à l'origine de l'ouverture de l'Athénée royal d'Ixelles (voir rue de l'Athénée n°17).

Les premiers permis de bâtir sont introduits à la fin des années 1870. Ils concernent, côté impair, des maisons de rapport à rez-de-chaussée commercial d'inspiration néoclassique et, côté pair, quelques maisons unifamiliales de caractère bourgeois (voir n°14), parmi lesquelles la maison personnelle de l'architecte Edmond Le Graive, auteur des plans des anciennes Halles d'Ixelles (voir n°2a).

Sources

Archives
ACI/TP Historique des rues (1925).
ACI/TP 135.
ACI/TP Q3 Quartier Saint-Boniface (boîte n°13).

Ouvrages
DEL MARMOL, B., DELSAUTE, J.-L., et al., Le quartier Saint-Boniface, Ministère de la Région de Bruxelles-Capitale, Bruxelles, 1998 (Bruxelles, Ville d'Art et d'Histoire, 23), pp.2-10.
DEWEZ, M.-A., L'urbanisation du quartier Saint-Boniface (Mémoire de licence en histoire contemporaine), UCL, Louvain-la-Neuve, 1982-1983, pp.40 et suivantes.
GONTHIER, A., Histoire d'Ixelles, Le Folklore Brabançon, Impr. De Smedt, Bruxelles, pp.155-157.
LE ROY, P., Monographie de la commune d'Ixelles, Imprimerie Générale, Bruxelles, 1885, pp.231, 232.

Cartes / plans
POPP, P. C., Atlas cadastral de Belgique, Plan parcellaire de la commune d'Ixelles avec les mutations, Bruxelles, 1860.