Reliant la rue Keyenveld à la rue de la Longue Haie, cette artère droite, en pente, a été tracée selon l'arrêté royal du 20.03.1838, à l'instar des rues de la Concorde, Isidore Verheyden et du Président. Nivelée et prolongée jusqu'à la rue de la Longue Haie conformément à l'arrêté royal du 13.09.1843, elle est légèrement modifiée par l'arrêté royal du 27.10.1874.

Initialement dénommée rue d'Orléans, en hommage à la première reine des Belges, Louise-Marie d'Orléans, la rue reçoit en 1921 son nom actuel. Jean d'Ardenne, pseudonyme du journaliste Léon Dommartin (1839-1919), vécut entre 1874 et 1919 au n°47, comme en témoigne la pierre commémorative, de 1922, sur la façade.

L'artère fut construite de la fin des années 1830 aux années 1880. Sa physionomie est principalement déterminée par des maisons d'habitation néoclassiques, de deux ou trois travées et niveaux. À peu près au milieu des numéros impairs prend place la façade arrière de l'Institut Fernand Cocq (voir rue du Président n°54).
À la fin du côté pair, à l'angle de la rue de la Longue Haie, des maisons ont été récemment démolies pour faire place à un complexe d'immeubles à appartements.


La plupart des maisons ont été surhaussées après leur construction d'un ou plusieurs niveaux. C'est le cas des nos17, 25 et 27, de style Empire (voir ces numéros).

Rue Jean d’Ardenne 21, rhabillé par l’architecte Georges Coteur en 1930. (photo 2009).
Le n°21 a été entièrement rhabillé en 1930 suivant la tendance moderniste: châssis caractéristiques et porte ornée d'un beau vitrail géométrique et d'une élégante ferronnerie.
Outre Jean d'Ardenne, la rue a connu quelques célébrités. Le n°50 a été, entre octobre 1846 et février 1848, habité par Karl Marx; le n°63 a été occupé par Louis Léopold Van der Swaelmen, père de l'important architecte et urbaniste belge Louis Van der Swaelmen. Par la suite, c'est le peintre symboliste William Degouve de Nuncques qui habita la maison.

Avant qu'elle n'emménage avenue de l'Hippodrome (voir n°45), la danseuse et chorégraphe Akarova (1904-1999) occupait la maison sise au n°45 de la rue Jean d'Ardennes. Le dernier étage de l'immeuble fut aménagé au début des années1930 par l'architecte Jean-Jules Eggericx en studio de danse et petite salle de spectacle à la demande de Louis Lievens, époux et mécène d'Akarova. Quelques années plus tard, l'architecte réalise pour le couple un petit théâtre à l'arrière d'un immeuble à appartements avenue de l'Hippodrome (voir n°72-74).
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACI/TP Historique des rues (1925).
ACI/TP 254, 175 et 21.
ACI/Urb. 21: 175-21.

Ouvrages
BOVY, Ph., Vers l'Ermitage, Commune d'Ixelles, Bruxelles, 2002 (À la découverte de l'histoire d'Ixelles, 9), pp. 6-8.
VAN LOO, A. (dir.), Akarova: spectacle et avant-garde 1920-1950, Archives d'Architecture moderne, Bruxelles, 1988, pp. 375-376.

Périodiques
HAINAUT, M., «La maison de Karl Marx», Mémoire d'Ixelles, 15, 1984, s.p.