Rue au nom géographique, la rue Américaine est partagée entre les territoires de Saint-Gilles et d'Ixelles. Cette longue rue rectiligne formée de six tronçons relie la chaussée de Charleroi à la chaussée de Vleurgat, traversant de cette façon tout le quartier Tenbosch.

La voirie reprend partiellement le tracé de l'ancien chemin appelé (Hooge) Brugstraet. Située dans le périmètre du Plan général d'alignement pour l'ouverture de rues et places sur le territoire compris entre l'avenue du Bois de la Cambre et les chaussées de Waterloo et de Charleroi, soit le plan du quartier dit Ten Bosch, la création de la rue Américaine est approuvée par l'arrêté royal du 20.02.1864. Après approbation de l'arrêté royal du 08.10.1901, le tracé de la voirie est modifié et prolongé.

La rue Américaine, comme les rues plus éloignées de l'avenue Louise, ne se construit que lentement ; ce n'est qu'à la fin du XIXe siècle que le quartier gagne les faveurs de la bourgeoisie moyenne. Néanmoins, quelques permis de bâtir ont déjà été délivrés vers 1872.

L'esthétique de la rue est dominée par le néoclassicisme, comme au no 49 (voir ce numéro) édifié à l'angle de la rue du Tabellion (voir aussi l'enfilade des nos 60 à 72 ou des nos 71 à 77), ou l'éclectisme (voir nos 90, 92, 96, 104, 191, 193), parfois empreint d'Art nouveau comme au no 105 (1895), orné de sgraffites (voir aussi nos 53, 117, 119) ou présentant des réminiscences Arts and Crafts (voir no 205, première habitation personnelle et atelier d'architecture de l'architecte Adrien Blomme, 1908). Le style Beaux-Arts est aussi présent dans la rue Américaine (voir nos 215, 219, 221).

Le bâti de cette voirie est essentiellement constitué de maisons unifamiliales. Parmi celles-ci se distinguent des maisons ou ateliers d'artistes (voir nos 170, 172) comme au no 173 (1898), quelques hôtels particuliers, un peu plus tardifs par rapport à la construction du bâti de la rue et situés à proximité de la chaussée de Vleurgat (voir nos 215, 219, 221). Par ailleurs, un immeuble à appartements érigé dans le dernier tronçon de la rue par l'architecte E. Brioen (1959) vient compléter le complexe d'immeubles à appartements et jardins privés des architectes R. Thirion et A. Norrenberg vers 1959, occupant une grande partie de l'îlot (voir rue Buchhotlz ; plan particulier d'aménagement de l'îlot no 199, décrété par arrêté royal du 09.04.1949).

La rue Américaine est aussi marquée par la présence de deux écoles : la première, le Centre scolaire Ma Campagne, ou ancienne École du Sacré-Cœur (voir rue Africaine), est réalisée selon les plans de 1936 de l'architecte Paul Dhaeyer. Elle est située dans l'îlot formé par les rues Américaine, Africaine et du Tabellion. La seconde, l'école communale no 9 (voir no 136) est établie sur une parcelle traversante avec la rue de l'Aqueduc no 161. En face de celle-ci, modifiant considérablement le caractère de la rue, s'érige le complexe automobile D'Ieteren (voir no 135-145). Ce dernier s'étend dans le quadrilatère formé par les rues Américaine, du Mail, de Tenbosch et du Prévôt ; dépassant largement les gabarits, il s'intègre mal au tissu urbain du quartier.

Notons aussi qu'au no 189 se dressait autrefois le couvent des Sœurs Zélatrices de la Sainte-Eucharistie, son école et sa chapelle (1910) ainsi qu'un jardin. À l'emplacement de ceux-ci se dressent aujourd'hui deux immeubles à appartements semblables, établis sur parcelle traversante, au no 187-189 rue Américaine et no 126 rue Washington (1991-1992).

L'asbl « Les Petits Riens » s'implante dans le quartier aux nos 97 à 101, suite à l'acquisition de la manufacture de cigarettes Ed. Laurens (no 101) en 1954.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACI/TP Historique des rues (1925). ACI/TP 16.
ACI/Urb. 99-101 : 16-101 ; 173 : 16-173 ; 189 : 16-189.

Ouvrages
Inventaire visuel de l'architecture industrielle à Bruxelles. Ixelles, AAM, Bruxelles, 1980-82, fiche 77.