Située dans la prolongation de la rue du Bourgmestre, cette courte artère rectiligne relie l'avenue de l'Hippodrome au square de la Croix-Rouge.

Son tracé fut ratifié par l'arrêté royal du 22.08.1873 fixant le Plan d'expropriation par zones pour l'aménagement des abords des étangs et pour l'ouverture de plusieurs rues aboutissant à l'avenue Louise, à la chaussée de Boondael, à la place Sainte-Croix et à l'ancienne abbaye de la Cambre (par l'inspecteur voyer des faubourgs de Bruxelles Victor Besme et le directeur des Travaux publics d'Ixelles Louis Coenraets). Les travaux de voirie et d'appropriation des étangs furent exécutés par la Société de l'Avenue Louise –propriétaire des terrains situés en contrebas du rond-point de l'avenue Louise– suite à une convention conclue avec la Ville de Bruxelles et la commune d'Ixelles –à laquelle appartenait l'essentiel des terrains depuis 1871.

Le tracé de l'avenue reprend partiellement celui d'un ancien chemin (dont l'origine remonterait au XIIIesiècle) qui partait de la rue du Monastère, traversait la chaussée de Boondael pour aboutir rue du Cygne (actuelle avenue Émile de Beco). Dans la première moitié du XIXe siècle, ce chemin s'appelait Roodensteen (rue de la Pierre rouge) entre la rue du Monastère et la chaussée de Boondael (actuelles avenue Géo Bernier et rue du Bourgmestre) et portait, au-delà, le nom de Zavelstraat (actuelle rue Gustave Biot).

Le [i]Roodensteen[/i] de la rue du Monastère à la chaussée de Boondael (actuelles avenue Géo Bernier et rue du Bourgmestre), J. Huvenne, [i]Carte topographique et hypsométrique de Bruxelles et ses environs, ca 1858[/i], détail (© Commission française de la Culture de l’agglomération de Bruxelles).

Initialement baptisée rue du Bourgmestre (elle constituait le tronçon final de la rue portant ce nom actuellement), elle fut rebaptisée le 08.09.1922 par les autorités communales qui souhaitaient rendre hommage au peintre animalier Georges Bernier (Namur, 1862). Mort à Ixelles en 1918, ce spécialiste du portrait équestre créa également de nombreuses affiches et fut l'un des fondateurs du cercle Le Sillon (1893).

Avenue Géo Bernier, côté impair, s.d (Collection de cartes postales Dexia Banque).

Le bâti, de caractère bourgeois, forme de part et d'autre de l'avenue des ensembles remarquables par leur qualité architecturale. Construits pour une classe sociale aisée entre 1913 et 1929, les immeubles témoignent des styles alors en vogue: Beaux-Arts, Art Déco et, plus rarement, éclectisme. Parmi ces demeures on épinglera la maison personnelle de l'architecte Adrien Blomme (voir n°13), la deuxième qu'il se fait construire après celle de la rue Américaine (1908; voir rue Américaine n°205). A. Blomme construit également une habitation au n°7 ainsi que son premier immeuble à appartements à hauteur du carrefour avec l'avenue de l'Hippodrome (n°1, 1928). En face se dresse un autre immeuble réalisé par l'architecte René Théry en 1929, pour l'entrepreneur C. François (n°2).

Conformément à ce qu'impose la convention signée entre la commune d'Ixelles et la Société de l'Avenue Louise en 1873, une servitude de non bâtisse de huit mètres devant chacune des façades doit permettre l'aménagement d'un jardinet participant à la conception paysagère et pittoresque des étangs.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACI/TP 148.
ACI/TP Historique des rues (1925).
ACI/Urb. 1: 148-1; 2: 148-2.

Ouvrages
DUQUENNE, X., L'avenue Louise à Bruxelles, Xavier Duquenne éd., Bruxelles, 2007.
GUILLAUME, A., MEGANCK, M., et al., Atlas du sous-sol archéologique de la Région de Bruxelles:15 Ixelles, Bruxelles, 2005, p.63.
HAINAUT, M., BOVY, Ph., Ixelles-Village et le quartier des Étangs, Commune d'Ixelles, Bruxelles, 1998 (À la découverte de l'histoire d'Ixelles, 3).
Ixelles, Ensembles urbanistiques et architecturaux remarquables, ERU, Bruxelles, 1990, pp.81-88.
Le quartier des étangs d'Ixelles, Ministère de la Région de Bruxelles-Capitale, Bruxelles, 1994 (Bruxelles, Ville d'Art et d'Histoire, 10).

Périodiques
FISCHER, G., «Les Bernier tous Ixellois», Mémoires d'Ixelles, 6, 1982, s.p.