Typologie(s)

église/cathédrale/basilique

Intervenant(s)

J. POELAERTarchitecte1854-1874

Statut juridique

Classé depuis le 07 décembre 1981

Styles

Éclectisme

Inventaire(s)

Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)

Recherches et rédaction

2016

id

Urban : 33026
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Description

Elle tire probablement ses origines d’une modeste chapelle appuyée à la première enceinte, sur la rive gauche de la Senne, et mentionnée à partir de 1201 comme dépendance de la paroisse Saint-Jean de Molenbeek. Une église gothique à trois nefs est progressivement construite dans le courant des XIVe et XVe siècles. Pillée durant les troubles religieux, elle est fermée en 1581 puis rendue au culte en 1585. À partir de 1629, on l’agrandit d’un chœur baroque et on la dote d’un clocher, qui ne sera terminé qu’en 1664. On la restaure dans les années 1780. Fermée par l’administration française en 1798, elle est rouverte en 1799 et promue paroissiale en 1803. À la suite des dégâts provoqués en 1850 par les inondations de la Senne, on décide de bâtir une église neuve, dont le projet est confié à l’architecte J. Poelaert. L’édifice est érigé en 1854-1874 sur le site du bassin Sainte-Catherine récemment comblé. L’église précédente est détruite en 1893, excepté sa tour baroque.

Cette vaste église de style éclectique est la seule église paroissiale construite de neuf à l’intérieur du Pentagone depuis la fin de l’Ancien Régime. Stylistiquement, elle s’inspire des église françaises du XVIe siècle, telle Saint-Eustache à Paris, qui combinent une structure gothique et une décoration RenaissanceLe style néo-Renaissance (de 1860 à 1914 environ) puise son inspiration dans l'architecture de la Renaissance, un courant artistique né en Italie au XVe siècle qui cherchait à ressusciter l’architecture de l'Antiquité gréco-romaine.. Sur cette base, Poelaert crée un langage architectural hybride et expressif. Son avant-projet, exposé en 1851, est suivi des plans définitifs et de la pose de la première pierre en 1854. Les travaux sont dirigés par Poelaert de 1854 à 1859 puis, de 1861 à 1873, par l’architecte W. Janssens. La construction s’effectue par phases successives, correspondant à des adjudications distinctes : les fondations en 1854, le soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. jusqu’au deuxième ressautSaillie d'une partie de mur par rapport à l’alignement général. en 1860, les parties basses jusqu’à l’arc des fenêtres des nefs latérales en 1861, l’achèvement des murs en 1863, les parties hautes en 1865, les percements en 1868, le plafonnage en 1869, les verrières et vitraux en 1870, les dernières finitions, les dallages et les escaliers en 1871. L’église est inaugurée en 1874, mais les dépenses se poursuivent jusqu’en 1887.

Église orientée de plan basilical, à trois nefs et transept, confortés par des contreforts et des arcs-boutants. Plan comportant une travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. d’entrée ouverte, une nef de six travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., un transept peu saillant et un chœur de trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., flanqué de chapelles latérales et de sacristies et fermé par une abside à trois pans.
Construction en pierre de Gobertange sur soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. en pierre bleue. Bâtière de cuivre sur la nef haute, appentisToit à un seul versant. couverts de zinc sur les bas-côtés.
Soubassement massif, richement profilé et rythmé par des contreforts couronnés de gargouillesStatue fantastique d'ordinaire traversée par un conduit relié à la corniche. La gueule de la statue crache les eaux à distance des murs., conçu comme un socleMassif surélevant un support ou une statue. puissant pour les parties hautes, plus sobres et plus nues.
Façade occidentale très équilibrée, divisée verticalement par quatre contreforts à étages, creusés de niches, et horizontalement par la balustrade continue qui couronne le registreAlignement horizontal de baies sur un pignon. inférieur, abritant les portails. Travée centrale sur deux registresAlignement horizontal de baies sur un pignon., évidé chacun par un arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle., correspondant, en bas, au portail principal et encadrant, en haut, une rosace; entre les deux, balustradeGarde-corps composé de balustres, c’est-à-dire de petits supports en répétition, généralement profilés et de section circulaire. interrompue dans l’axe par une niche vide sur console sculptée; couronnement par un frontonCouronnement de forme triangulaire ou courbe, à tympan et cadre mouluré formé de corniches. triangulaire à rampants surmontés d’une balustradeGarde-corps composé de balustres, c’est-à-dire de petits supports en répétition, généralement profilés et de section circulaire. et lanterne terminale de plan carré, dont les quatre faces, cantonnées de pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. composites et percées d’abat-son, sont surmontées d’un fronton et d’une coupoleVoûte de plan central. Elle peut être circulaire, ovale, polygonale, à côtes, en plein cintre, surbaissée, surhaussée, etc. à lanternonPetite construction de plan centré, située au faîte du toit.; terminaisons similaires sur les contreforts à gauche et à droite. Travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. latérales plus basses, percée chacune d’une arche, dont le cintre est timbré d’une clé sculptée et que surmonte une tribune à colonnes composites trapues ; couronnement par une balustradeGarde-corps composé de balustres, c’est-à-dire de petits supports en répétition, généralement profilés et de section circulaire. et deux arcs-boutants très ajourés. Aux angles extérieurs, contreforts puissamment articulés, sommés de lanternes. En retrait, au fond de la travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. d’entrée, triple portail à lourds vantauxLe mot vantail désigne le battant d’une porte ou d’une fenêtre. de bois.
Pignons du transept de même ordonnance que la partie centrale de la façade ouest, mais à portail plus bas, surmonté de même d’une tribune trapue. Façades des collatéraux et du chœur de composition analogue, épaulées par des contreforts à étages portant des colonnes composites au même niveau que celles des tribunes. Au-dessus, arcs-boutants lancés pour épauler les parties hautes de la nef, du transept et du chœur, dont les parois sont rythmées par des pilastres sous entablementCouronnement horizontal qui se compose d’une architrave, d’une frise puis d’une corniche. Les façades sont d’ordinaire coiffées d’un entablement. On peut également trouver un petit entablement au-dessus d’une baie ou d’une lucarne.. Fenêtres cintrées à encadrement profilé, à deux formes sous oculus. À l’est, dans l’axe du chevet, portail cintré surmonté d’une vaste verrière à trois formes et oculusJour de forme circulaire, ovale ou polygonale. ; au-dessus, niche vide sur consolesPièce de pierre, de bois ou de métal partiellement engagée dans un mur et portant un élément en surplomb. La console se distingue du corbeau par ses dimensions plus grandes et par le fait qu’elle s’inscrit grosso modo dans un triangle rectangle. La console désigne également des éléments non porteurs, mais apparentés d’un point de vue formel à une console., interrompant la balustradeGarde-corps composé de balustres, c’est-à-dire de petits supports en répétition, généralement profilés et de section circulaire.. Rosace éclairant le haut du chœur.
Autour de l’édifice, grille en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage. posée en 1976 et constituée par les garde-corps de l’ancien Grand Hôtel élevé au boulevard Anspach en 1875 sur les plans de l’architecte E. L’Homme.

Intérieur ample et sobre, enduitL'enduit est un revêtement de plâtre, de mortier, de stuc, de ciment, de lait de chaux, de simili-pierre, etc. et peint. ArcadesBaie aveugle ou non, coiffée d'un arc, souvent en répétition et allant jusqu’au sol. cintrées sur piliersSupport vertical de plan carré. fasciculés à chapiteauCouronnement orné ou mouluré, d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre. composite; faux triforium entre l’entablement et le clair-étage; voûtes sur nervures et doubleaux de section ronde; voûte en étoile sur la croiséeBaie à croisée. Baie divisée par des meneau(x) et traverse(s) se croisant à angle droit.. Prolongeant les pilastres, colonnettes composites recevant la retombée des nervures de la nef centrale, du chœur et du transept. Bras de transept peu marqués, s’ouvrant à l’est sur des chapelles peu profondes. Chœur surélevé, orné d’arcades aveuglesUn élément est dit aveugle lorsqu’il est dénué d’ouverture. Une baie aveugle est un élément construit sans ouverture, imitant une porte ou une fenêtre., recoupées par une balustradeGarde-corps composé de balustres, c’est-à-dire de petits supports en répétition, généralement profilés et de section circulaire.. Dans la paroi est, arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle. ouvrant sur une abside peu profonde, où l’autel se dresse sur un podium à degrés. À l’ouest, au-dessus du portail, jubé bordé par une balustradeGarde-corps composé de balustres, c’est-à-dire de petits supports en répétition, généralement profilés et de section circulaire. ajourée portant un buffet d’orgue de la deuxième moitié du XVIIIe siècle et un orgue de P. Schyven vers 1860, provenant de Saint-Michel de Courtrai.

Mobilier très homogène, conçu pour la nouvelle église et complété par des œuvres d’art et des objets de culte provenant de l’église précédente. Meubles néo-Renaissance de la deuxième moitié du XIXe siècle par les frères Goyers de Louvain : maître autel en marbre et pierre blanche, autels latéraux en bois peint, banc de communion, stalles et confessionnaux en chêne. Lavabo Louis XVI en marbre noir et blanc (1789). Armoires de sacristie en chêne du milieu du XVIIe siècle. Chaire de vérité Louis XVILe style néo-Louis XVI se développe à partir de 1910 environ. Il reprend des éléments typiques du néoclassicisme contemporain du règne de Louis XVI : noeud de ruban, médaillons ovales, lauriers, faisceau de licteurs, etc. en chêne provenant de la cathédrale Saint-Rombaut de Malines (fin du XVIIIe siècle). Lutrin en laiton par F. H. Hellner de Cologne (1910). Deux monuments funéraires en marbre noir et pierre blanche par G.-L. Godecharle, l’un à la mémoire du peintre P.-Fr. Jacobs (décédé en 1808), l’autre à celle du peintre F. Delvaux (décédé en 1815). Statue en pierre de Vierge à l’Enfant, dite «Vierge noire» (XIVe siècle); Christ en croix (bois, milieu du XVIIIe siècle); statues de saints de la deuxième moitié du XIXe siècle. Importante série de peintures, notamment des tableaux d’autel du XVIIe siècle attribués à J.-B. Le Saive, O. Van Veen, Th. Van Loon, G. de Crayer, C. Schut; sept tableaux attribués à J. Van Orley (première moitié du XVIIIe siècle); chemin de croix par H. et G. Guffens (fin du XIXe siècle).


Sources

Archives
AVB/AA rep. 11-12 (1854); rep. 371-385 (1860); rep. 1320-1433 (1861); rep. 849-898 (1863/1); rep. 1441-1446 (1865/2); rep. 1618- 1621 (1868); rep. 203-204 (1869); rep. 601-602
(1870); rep. 1031-1032 et 1096-1097 (1871).


Ouvrages
DES MAREZ, 1979, p. 105-107.
Poelaert et son temps, catalogue d’exposition, Bruxelles, 1980, p. 174-179.