La rue de Ter Plast relie la rue Alfred Stevens à la rue Ernest Vander Aa et au boulevard Émile Bockstael, croisant sur son parcours la rue du Siphon.

L’artère trouve son origine dans un ancien chemin, baptisé Groen Straetje ou Petite rue Verte, qui présentait dans les années 1860 un tracé en Y de part et d’autre de la ligne de chemin de fer Bruxelles-Gand: au sud, il était constitué par l’actuelle rue Mode Vliebergh et, au nord, par la future rue du Siphon à l’est et par le premier tronçon de l’actuelle rue de Ter Plast à l’ouest. Ce tronçon, coudé, est rebaptisé rue du Gazomètre avant 1872, en référence à l’Usine à Gaz de Laeken, alors implantée dans l’îlot côté pair. Son élargissement et son redressement en droite ligne jusqu’à la rue du Siphon est prévu par l’arrêté royal du 18.02.1899 et effectué après 1900. Le second tronçon de la rue est quant à lui ouvert vers 1906. La rue reçoit sa dénomination actuelle par arrêté du 30.06.1922. Ce nom évoque le souvenir de l’hof ter Plast, un château remontant au XIVe siècle et qui appartenait à la famille Vanderplast. La dénomination Ter Plast, qui signifie «à la mare», renvoie vraisemblablement aux étangs qui émaillaient le cours du Molenbeek. Implanté entre les actuelles rues Duysburgh et Ledeganck, le château faisait partie d’un domaine qui s’étendait entre ce ruisseau – aujourd’hui voûté sous la rue Duysburgh, le square Prince Léopold et la rue Charles Ramaekers –, et l’actuelle rue du Gaz. Il fut démoli au début du XIXe siècle.

Le premier tronçon de la rue présente des enfilades de maisons ouvrières de style néoclassique, qui occupent approximativement les deux premiers tiers côté impair et le premier tiers côté pair. Aujourd’hui fort transformées, elles furent érigées des années 1860 au début des années 1900. Pointons, aux nos53 à 65, un ensemble implanté en impasse, accessible via l’entrée cochère du no51. Le dernier tiers côté impair, ainsi que le second tronçon de la rue sont bâtis de maisons de style éclectique des années 1900 ou 1910, comme les nos47 et 49 (1909), ainsi que d’immeubles de l’entre-deux-guerres, pour la plupart d’inspiration Art Déco. Pointons, au no51, une maison de 1923, à rez-de-chaussée commercial à l’origine, dont la fenêtre à arc outrepassé rappelle encore l’Art nouveau.

Quant à la majeure partie du premier tronçon côté pair, il est occupé par un vaste ensemble de logements sociaux de style Art Déco, conçus par les architectes Jean-Baptiste Dewin, Joseph Diongre et Adolphe Puissant pour le Foyer Laekenois en 1921 (voir nos28 à 44). Ce complexe s’implante sur le site de l’ancienne usine à gaz, qui ferma ses portes juste avant ou pendant la Première Guerre mondiale. Enfin, après la Seconde Guerre, l’angle opposé avec la rue du Siphon accueille un second ensemble du Foyer, conçu en 1950 (voir no77).
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
AVB/AR rues, boite 16-19, cote 19, no19 (
27.06.1922); boite 64-71, cote 70, no22 (30.06.1922).
AVB/PP 3429 (1888).
AVB/TP
 Laeken 2733 (1872), Laeken 5895 (1906); 4749: Laeken 1835 (1909); 51: 54430 (1923).

Ouvrages
GUILLAUME, A., MEGANCK, M., Atlas du sous-sol archéologique de la région de Bruxelles. 24. Laeken, Direction des Monuments et des Sites – Musées royaux d’Art et d’Histoire, Bruxelles, 2012, pp. 78-79.
VAN KRIEKINGE, D., Essai de toponymie laekenoise, Laeken, 1995, s.p.
VAN NIEUWENHUYSEN, P., Toponymie van Laken (thèse de doctorat en Philologie germanique), UCL, Louvain-la-Neuve, 1998, p. 1033-1036.

Périodiques
Almanachs du Commerce et de l’Industrie, «Gazomètre (rue du)», 1880, 1908.

Cartes / plans
POPP, P. C., Atlas cadastral de Belgique, plan parcellaire de la commune de Laeken avec les mutations, 1866.

Sites internet
www.bruciel.brussels.