Traversée en son milieu par la rue Franklin, la rue Le Corrège relie le square Marguerite à l'avenue de Cortenberg.

L'artère est ouverte suivant le plan d'aménagement du quartier Nord-Est, dessiné par l'architecte Gédéon Bordiau et approuvé par l'arrêté royal du 20.12.1875. À l'instar de ses voisines, la rue apparaît cependant encore en pointillés sur le plan de Bruxelles réalisé par l'Institut cartographique militaire en 1881.

Comme bon nombre d'artères de la partie sud-est du quartier, la rue porte le nom d'un artiste. Adoptée par arrêtés du Collège de la Ville de Bruxelles des 14.04.1877 et 15.05.1877, sa dénomination rend hommage à Antonio Allegri, dit Le Corrège, illustre peintre de la Renaissance.

Le bâti de la rue est essentiellement érigé entre 1895 et 1899. Il s'agit de maisons d'inspiration néoclassique ou de style éclectique, celles des angles pour la plupart dotées d'un rez-de-chaussée commercial.

Deux maisons se démarquent par leur inspiration Art nouveau. Celle de l'ingénieur Paul Grade (voir no 22), peut-être dessinée par lui-même, mais surtout l'habitation personnelle de l'architecte Édouard Ramaekers, où le nouveau style se mêle au néogothique en une stupéfiante synthèse (voir no 35).

C'est rue Le Corrège que sont, par ailleurs, édifiées les deux églises successives du quartier. Malgré les oppositions répétées de la Ville de Bruxelles, refusant entre autre l'emplacement prévu par Bordiau au square Marguerite, le lieu de culte de la paroisse du Sacré-Cœur voit finalement le jour en 1908-1909 à quelques pas de là, au début de la rue Le Corrège. En 1956, une nouvelle église, plus vaste, lui succède, sur le terrain adjacent (voir nos 15a-17 et 17a-19a).

Vue de la rue Le Corrège depuis un immeuble du square Marguerite (© V. Brunetta & M. Eberlin, 2009).

De l'autre côté de la rue s'élève, derrière la cour de récréation bordée d'un mur de clôture, la façade arrière de l'école conçue en 1902 par l'architecte Théo Serrure, qui occupe une large part de l'îlot (voir rue Véronèse no 21).

 

Aux deux extrémités de l'artère, les maisons originelles ont laissé place à de vastes immeubles à appartements et de bureaux.

Vue de la rue Le Corrège depuis l’avenue de Cortenberg (Collection C. Dekeyser).

Deux immeubles à appartements commandés par la Société Amelinckx marquent ainsi l'entrée de la rue, aux nos 35 (architecte P. Van Rompaey, 1972) et 42 du square Marguerite (architecte Jacques Mignolet, 1965). Le no 35 remplace notamment un ensemble de trois remarquables maisons teintées d'Art nouveau et devancées d'oriels (architecte Léon Govaerts, 1897).

À l’emplacement de l’actuel n[sup]o[/sup] 35 square Marguerite, à l’angle de la rue Le Corrège, trois maisons teintées d’Art nouveau, conçues en 1897 par l’architecte Léon Govaerts, façades vers la rue ([i]L’Émulation[/i], 1901, pl. 34).

À l'angle de l'avenue de Cortenberg, côté pair, se dresse un immeuble de bureaux conçu en 1986 par les architectes J. Vanden Bossche et E. Hermans à la demande de la société Herpain. Cet imposant bâtiment s'étend jusqu'à la rue Véronèse, de l'autre côté de l'îlot. Côté impair rue Le Corrège, c'est un immeuble de style postmoderne qui lui fait face.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
AVB/TP 35 square Marguerite : 16081 (1897), 92035 (1972) ; 42 square Marguerite : 84446 (1965) ; 98-100 avenue de Cortenberg : 94011 (1986).
AVB/Bulletin communal de Bruxelles, 1877, t. I, p. 316.
AVB/PP 953 (1875), 956-957 (1879).

Ouvrages
35
 : L'Émulation, 1901, pl. 32-34 ; BASYN, J.-M., Léon Govaerts (1860-1930). Un architecte de transition (mémoire de licence en Histoire de l'Art), Université catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve, 1992.
LAPORTE, J., 100 ans d'histoire de la paroisse du Sacré-Cœur dans le quartier Nord-Est de la Ville de Bruxelles, Paroisse du Sacré-Cœur, Bruxelles, 1996. 
 
Cartes / plans
Bruxelles et ses environs, Institut cartographique militaire, 1881 (Bibliothèque royale de Belgique, Section Cartes et Plans).