Typologie(s)
villa isolée
Intervenant(s)
INCONNU - ONBEKEND – 1899
Statut juridique
Inscrit à l’inventaire légal le 19 août 2024
Styles
Architecture pittoresque
Inventaire(s)
- Le patrimoine monumental de la Belgique. Ixelles (DMS-DML - 2005-2015)
Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)
- Artistique La signature d’un bien immeuble (bâtiment) par un architecte de renom ne peut pas être considérée comme un critère absolu. Pour évaluer la place qu’un bien occupe dans l’œuvre d’un architecte, ce critère doit être modulé avec la qualité architecturale (composition et structure interne) du bien, sa mise en œuvre (matériaux, maîtrise technique) et la place qu’il occupe dans l’histoire de l’architecture, ces trois éléments pouvant témoigner d’une phase ou d’un aspect de l’architecture urbaine ou paysagère du passé. Les critères suivants s’appliquent alors pour évaluer l’intérêt artistique : la rareté (typologie, style, utilisation des matériaux, sources), la représentativité (idem), l’authenticité (idem + qualité d’exécution) et l’intégrité (état de conservation, éléments d’origine). Un bien possède également un intérêt artistique s’il intègre des œuvres d’art (sculptures, reliefs conçus pour le bien, etc.) ou des éléments décoratifs originaux ou particulièrement qualitatifs (vitraux signés, sgraffites, claire-voie, etc.).
- Esthétique Historiquement, cet intérêt était utilisé pour désigner des espaces verts de valeur et des zones naturelles ou semi-naturelles de grande valeur. Mais elle peut également s’appliquer à de grands ensembles de bâtiments dans une zone urbaine, avec ou sans éléments naturels, ou à des monuments qui marquent le paysage urbain. Une prise en compte d’autres intérêts s’impose : l’intérêt artistique, l’intérêt paysager (intégration de l’œuvre dans le paysage urbain et/ou naturel, les panoramas) et l’intérêt urbanistique (ensembles urbains spontanés ou organisés). Les critères de sélection suivants lui sont généralement associés : la valeur d’ensemble et la valeur contextuelle.
- Historique Le bien présente un intérêt historique : - s’il témoigne d’une période particulière de l’histoire de la région ou de la commune ; - s’il représente un témoignage d’une période particulière du passé et/ou d’une évolution rare pour une période (par exemple, une cité-jardin représentative d’un mode de construction utilisé lors des grandes campagnes d’urbanisation après la Seconde Guerre mondiale, les noyaux villageois illustrant les premiers bâtiments groupés des communes de la Seconde couronne, la Porte de Hal comme vestige de la deuxième enceinte, etc.) ; - s’il témoigne d’un développement urbain (et/ou paysager) particulier de la ville (par exemple, les immeubles des boulevards centraux ou du quartier Léopold) ; - s’il présente un lien avec un personnage historique important, y compris les maisons personnelles d’architectes et les ateliers d’artistes (par exemple, la maison natale de Constantin Meunier, la maison de Magritte) ; - s’il peut être associé à un événement historique important (par exemple, les maisons datant de la reconstruction de Bruxelles suite au bombardement de 1695, la colonne du Congrès) ; - s’il possède une représentativité typologique caractéristique d’une activité commerciale ou culturelle (par exemple, les églises, les cinémas, l’architecture industrielle, les pharmacies) ; - s’il est représentatif de l’œuvre d’un architecte important dans l’histoire de l’architecture à l’échelle internationale, nationale, régionale ou locale (cela concerne à la fois des architectes connus comme V. Horta, V. Bourgeois, M. Polak mais aussi des architectes secondaires, liés localement à une commune, notamment Fernand Lefever à Koekelberg ou Emile Hoebeke à Berchem-Sainte-Agathe).
- Urbanistique Certains biens architecturaux ont historiquement joué un rôle prépondérant dans l’aménagement de l’espace bâti et urbain. Ils définissent généralement d’autres formes d’urbanisme (plan) de manière à créer une interaction entre l’espace bâti et l’espace non bâti (ou ouvert). Cet aménagement inclut également la cohérence entre les différentes échelles. Un bien immobilier a un intérêt urbanistique lorsqu’il y joue un rôle, par exemple : - les immeubles d'angle, - les places cohérentes et les enfilades d’immeubles (suite de façades formant un ensemble homogène de même style, même époque et/ou même gabarit), - les cités-jardins, - les tours (immeubles de grande hauteur) et la qualité de leur relation avec leur environnement immédiat, qui peut être cohérent mais aussi contrasté, - les vestiges de concepts urbanistiques et la façon dont ils sont ou ont été remplis architecturalement (et typologiquement), comme, par exemple, les palais urbains éclectiques et/ou les hôtels particuliers du quartier Léopold qui sont encore préservés.
Recherches et rédaction
2013-2015
id
Urban : 23540
Description
Implantée dans un jardin en intérieur d'îlot, villa de style éclectiquePériode : env.
1840-1914.
L’éclectisme est un courant architectural caractérisé par la combinaison de
styles issus de différentes époques et de différents lieux. Les architectes
mêlent les références historiques pour créer de nouvelles compositions. Cette
tendance se développe à Bruxelles peu après l’indépendance de la Belgique, dans
le cadre des grands programmes d’urbanisation. En effet, durant les années 1840
et 1850, alors que jusque-là la ville a mis à l’honneur le néoclassicisme avec
des ensembles urbains symétriques, ordonnés et rationnels, pointe le besoin
d’une architecture nationale. Alors que des architectes font le choix de
l’unité de style comme le néogothique ou le néo-Renaissance flamande, une
tendance à mélanger les grammaires issues du passé va se développer, tout en
utilisant les matériaux locaux et des techniques nouvelles (issues notamment de
la révolution industrielle). Cet éclectisme permet de répondre plus souplement
à une multitude de typologies et d’équipements urbains. En effet, la ville est
en pleine expansion : l’éclectisme s’adapte tant aux églises qu’aux grands
magasins, aux hôtels, aux gares, aux écoles, aux usines,… mais également à
l’architecture résidentielle. C’est pourquoi l’éclectisme est la tendance architecturale
dominante dans la première couronne de Bruxelles (les faubourgs de Bruxelles).
Dans l’architecture publique, ce mélange n’est pas arbitraire : chaque
style est choisi pour transmettre une idée. Par exemple, le néogothique peut
évoquer l’histoire médiévale de la ville ou la spiritualité d’un édifice
religieux ; le néoclassicisme suggère l’ordre et l’autorité pour un palais
de justice ou un bâtiment administratif ; la Renaissance symbolise le
prestige civique ou culturel. L’architecture devient ainsi un langage visuel,
conçu pour représenter les valeurs d’une institution.
Dans l’architecture résidentielle, l’éclectisme est l’apanage de la bourgeoisie
et se reconnaît par une façade variée et dynamique où les architectes jouent
avec les formes, les matériaux et les couleurs. Brique, pierre, fer forgé,
céramique ou sgraffites s’y mêlent pour créer un décor riche et personnalisé.
Chaque détail — balcon, corniche, linteau sculpté, lucarne, logette, porte
d’entrée — devient une occasion d’exprimer le goût du propriétaire, d’afficher
son statut ou ses aspirations culturelles. Ce style s’inscrit dans une période
où Bruxelles valorise la modernité tout en célébrant son histoire. L’éclectisme
traduit donc un compromis : une architecture contemporaine inspirée du
passé, adaptée à la vie bourgeoise, urbaine et moderne. Derrière la façade, les
intérieurs sont pensés pour le confort : distribution plus pratique,
escalier décoratif, pièces spécialisées (salon, fumoir, salle à manger), et
parfois innovations techniques (chauffage amélioré, eau, gaz).
La période de l’éclectisme met en place le modèle type de la maison
bourgeoise : une façade de composition symétrique (trois travées égales
sur trois niveaux) ou asymétrique (deux travées – une étroite et une large –
sur trois niveaux) ; un plan reprenant un couloir menant à l’escalier en
travée d’entrée et deux ou trois pièces en enfilade, correspondant à la largeur
(de la ou) des autres travées. La façade se développe également en trois
dimensions par l’ajout de balcons, de logettes ou de bow-windows.
Durant la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe
siècle, le développement urbanistique est tel qu’il n’est pas rare de voir des
pans de rue entiers sortir de terre en quelques années. Il en résulte des
ensembles urbanistiques particulièrement homogènes et cohérents : les
enfilades. Cette cohérence est parfois due au travail d’un architecte dans le
cadre d’une petite promotion immobilière. Mais le plus souvent, les maisons
sont réalisées par des architectes différents, pour des propriétaires
différents : elles sont alors toutes différentes mais forment des
enfilades homogènes de bâtiments de même style, mêmes matériaux et/ou de même
gabarit.
Les éléments représentatifs de l’architecture résidentielle de style éclectique
sont : le gabarit (composition asymétrique ou symétrique), la polychromie
des matériaux (pierre bleue, pierre blanche, briques de couleurs variées,
enduits), l’usage d’éléments en ferronnerie, d’éléments en surplomb (balcons,
logettes, bow-windows), de lucarnes et les enfilades urbanistiques. Ces façades
sont souvent accentuées d’éléments d’inspirations diverses : néoclassique
(enduit, sobriété), néogothique (baies en ogive ou trilobées, croisées en
pierre), néo-Renaissance flamande (lucarne-pignon à gradins, ancres), Art
nouveau (sgraffites, carreaux de céramique, éléments reprenant la courbe
« coup de fouet », vitraux floraux), pittoresque (toiture à croupe ou
croupette, tourelle, éléments en bois ou faux bois : garde-corps,
colombages, fermes apparentes), etc.
Il est communément admis que la période de l’éclectisme s’achève avec la
Première Guerre mondiale, néanmoins le modèle type de la maison bourgeoise
perdure bien après la guerre. Les communes et quartiers urbanisés plus
tardivement, durant l’entre-deux-guerres, sur base de plans d’aménagement
tracés au XIXe siècle, reproduisent le modèle de l’éclectisme :
des enfilades de maisons de gabarit similaire. Ces maisons sont qualifiées de
style éclectique tardif. Elles reprennent toutes les caractéristiques de
l’architecture résidentielle éclectique, mais sont le plus souvent accentuées
d’éléments d’inspiration Beaux-Arts, Art Déco, Art nouveau, pittoresque ou
régionaliste (voir éclectisme tardif). d'inspiration pittoresquePériode : vers
1850-1930.
Née en Angleterre dans le contexte du mouvement romantique, l’architecture
pittoresque s’inspire souvent de différents styles historiques qu’elle combine
librement.
L’architecture pittoresque désigne une manière de concevoir les bâtiments qui
cherche avant tout à créer une impression visuelle variée, surprenante et
évocatrice. Plutôt que de suivre des règles strictes de symétrie ou de
composition, ce style privilégie la liberté, le jeu des formes et la diversité
des matériaux pour offrir un aspect vivant, presque narratif.
En Belgique, cette tendance apparaît avec le XXe siècle dans le
prolongement de l’Art nouveau, sous diverses influences vernaculaires, pour la
plupart anglo-normandes ou alpines. C’est un style que l’on retrouve dans les
parcs, villes balnéaires, villes d’eau et en périphérie des grandes villes (les
villas de villégiature). Le bâtiment et son jardin (ou parc parfois) sont
conçus comme un ensemble formant un tableau, une mise en scène qui doit
surprendre le spectateur. Le terme « style cottage » est également
parfois employé, notamment en milieu rural, pour désigner des architectures
mettant l’accent sur l’usage de matériaux et de techniques traditionnels, à
l’image des cottages des villages anglais.
En région bruxelloise, la tendance pittoresque s’exprime dans des villas
souvent conçues à l’imitation de petits manoirs campagnards, typiques
d’ailleurs de nombre de banlieues aisées et de lotissements en Belgique, ainsi
que comme source d’inspiration dans des maisons bourgeoises de style éclectique
ou éclectique tardif, souvent dans des quartiers ayant une certaine valeur
paysagère (parc, square, étang, ou simplement voirie jalonnée d’arbres ou de
zones de non-bâtisse aménagées en jardinets). Ses éléments caractéristiques
sont l’asymétrie et la variété de formes (tourelle, lucarne, avant-corps,
bow-window, pignon(s), imposantes toitures à plusieurs pans et/ou à croupe ou
croupettes, etc.), variété des matériaux (variété de couleurs et textures),
décor abondant (ferronnerie, menuiserie, vitraux, moellons, garde-corps en
bois, (faux) colombages, corniche à lambrequin, etc.), relation forte avec le
paysage, le jardin(et) ou la rue (notamment avec des espaces de transition
intérieur-extérieur : avant-corps, auvent, porche, véranda), liberté de
composition tant dans la façade que dans le plan., 1899.
Élévation enduiteL'enduit est un revêtement de plâtre, de mortier, de stuc, de ciment, de lait de chaux, de simili-pierre, etc. de deux niveaux, sur soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. en pierre bleue à bossageBossage. Saillie de la face d’un bloc de pierre par rapport au nu de la maçonnerie. Un bossage est dit un sur deux lorsqu’un parement présente une alternance d’assises de blocs en bossages et de blocs dont le parement reste au nu de la maçonnerie. Un bossage est dit rustique lorsque son parement est d’une taille grossière. Il est dit continu lorsqu'il se prolonge sur une assise entière. rustique. En façade avant, travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. de gauche en retrait; balcon à garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... remplacé abritant la terrasse du rez-de-chaussée. Entrée en façade latérale gauche. Toiture à croupettesPetite croupe ou croupette. Petit versant de toit qui réunit les deux pans principaux d’un toit à leur extrémité. Contrairement à la croupe, la croupette ne descend pas aussi bas que les pans principaux.. MenuiserieÉléments de bois relevant de l’art du menuisier. Pour une façade, le mot peut désigner les portes, les châssis, les éventuelles logettes et la corniche. Par extension, le terme désigne également l'huisserie métallique et en PVC. partiellement conservée.
Élévation enduiteL'enduit est un revêtement de plâtre, de mortier, de stuc, de ciment, de lait de chaux, de simili-pierre, etc. de deux niveaux, sur soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. en pierre bleue à bossageBossage. Saillie de la face d’un bloc de pierre par rapport au nu de la maçonnerie. Un bossage est dit un sur deux lorsqu’un parement présente une alternance d’assises de blocs en bossages et de blocs dont le parement reste au nu de la maçonnerie. Un bossage est dit rustique lorsque son parement est d’une taille grossière. Il est dit continu lorsqu'il se prolonge sur une assise entière. rustique. En façade avant, travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. de gauche en retrait; balcon à garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... remplacé abritant la terrasse du rez-de-chaussée. Entrée en façade latérale gauche. Toiture à croupettesPetite croupe ou croupette. Petit versant de toit qui réunit les deux pans principaux d’un toit à leur extrémité. Contrairement à la croupe, la croupette ne descend pas aussi bas que les pans principaux.. MenuiserieÉléments de bois relevant de l’art du menuisier. Pour une façade, le mot peut désigner les portes, les châssis, les éventuelles logettes et la corniche. Par extension, le terme désigne également l'huisserie métallique et en PVC. partiellement conservée.
Sources
Archives
ACI/Urb. 211-71.
















