Cette longue avenue va, via le plateau de Stockel, de l'avenue de Tervueren à l'avenue Grandchamp qui la prolonge.

Son percement résulte d'un document daté du 28.03.1907, par lequel la Commune de Woluwe-Saint-Pierre, la SA d'entreprise de Stockel et Edmond Parmentier (1857-1910) conviennent «1. de construire deux avenues destinées à relier l'avenue de Tervueren au hameau de Stockel; 2. de créer des rues nouvelles sur le territoire de Woluwe-Saint-Pierre; 3. d'élargir certaines voies existantes; 4. de supprimer certaines voies et sentiers existants». Ce contrat est annonciateur de l'arrêté royal du 18.11.1907 qui, sous une forme légèrement différente, acte le projet consistant à relier l'avenue de Tervueren au hameau de Stockel par l'aménagement de deux larges avenues parallèles (de douze mètres), à leur tour reliées entre elles par des rues secondaires (plus étroites). Le projet porte concrètement sur l'aménagement de deux grands axes ( les avenues Edmond Parmentier et Grandchamp et, les avenues A. Madoux et Orban), sur le prolongement de la rue David Van Bever (voir cette rue) jusqu'à la future avenue E. Parmentier, sur l'aménagement de la rue Mareyde, sur l'élargissement du Streekweg ou actuelle avenue Louis Jasmin (voir cette avenue), sur l'ouverture de l'actuelle avenue du Polo entre l'avenue Grandchamp et l'avenue Orban, et enfin sur celle de l'avenue de l'Aéroplane. Les plans joints à l'arrêté royal sont de l'architecte Raymond Foucart. Les travaux ont probablement débuté en 1909. À l'issue du chantier en 1912, la Commune de Woluwe-Saint-Pierre raya partiellement de la carte les chemins vicinaux nos8, 22 et 15 et, intégralement, les sentiers piétons nos40 et 42, figurant dans l'Atlas des chemins vicinaux de 1847.

Plan général d'ouverture des axes des avenues Edmond Parmentier - Grandchamp et A. Madoux - Orban annexé à l'AR du 18.11.1907, ACWSP/Urb. alignements 4 Parmentier - Grandchamp.

L'avenue porte le nom du propriétaire foncier et entrepreneur Edmond Parmentier (1857-1910) à l'initiative duquel elle a vu le jour. Parmentier était une personnalité importante qui, à partir de 1895, fut chargé de l'aménagement d'une grande partie de l'avenue de Tervueren. Il habitait à l'époque une résidence située dans un domaine privé donnant sur le début de l'avenue et transformé depuis en un parc public portant son nom (voir Parc Parmentier).

À l'exception du premier tronçon situé du côté pair, le bâti du premier tronçon de l'avenue se compose principalement de constructions datant d'avant 1914. Il s'agit de maisons bourgeoises de style éclectique et composition asymétrique, parfois d'inspiration pittoresque et de trois niveaux. La plupart de ces maisons sont bien conservées. C'est notamment le cas de l'ensemble formé par les nos20, 22 et 24 à l'angle de la rue Kelle (voir ces numéros), du no26 (voir ce numéro), du no28 de style néoclassique (1908) et les maisons nos30 à 34 (voir ces numéros). Le côté impair du second tronçon de l'avenue est sporadiquement bordé de maisons de styles variés datant d'avant la Première Guerre mondiale, tels le no93 (architecte François Van Vlasselaar, 1912), le no95 (vers 1910) et le no97 (voir ce numéro).

Avenue Edmond Parmentier 54, élévations, ACWSP/Urb. 171 (1924).

La plus grande partie du bâti date cependant de l'entre-deux-guerres. Il se compose de maisons mitoyennes, villas à quatre ou trois façades et immeubles à appartements de style Art Déco ou moderniste (tempéré) comme le no117 (1936), due à l'architecte local Robert Thoelen qui l'a dotée d'une remarquable entrée constituée d'une porte ajourée en retrait s'inscrivant dans un grand ébrasement. Thoelen dessinera aussi les plans d'une villa de style plus rigoureusement moderniste pour son beau-père (voir no177). En 1939, l'architecte Josse Goffin se distingue lui aussi par un ensemble se composant d'une maison et d'une villa destinées à une même famille (nos119, 121) pour qui en 1931, il avait déjà conçu une villa (voir no56). Ces constructions présentent des analogies, dont une finition minutieuse. Les portes à ferronnerie de l'ensemble sont encore d'origine. L'avenue est aussi bordée de nombreuses villas de style ou d'influence cottage, courantes dans l'entre-deux-guerres et en particulier au début des années 1920, généralement déclinées dans des versions à trois façades. Parmi elles figurent notamment le no54 pour l'ingénieur J. Petryns (1924), le no113 (1931), le no110 (1921) construite pour un membre de la famille Parmentier. À partir des années 1930, l'avenue se borde aussi d'immeubles à appartements de gabarit modeste, comme le no6 (architecte E. Brialmont, 1932), dont le dernier niveau en retrait est devancé d'une pergola en béton ou le no131 (architecte J.J. Eggericx, 1932), petit immeuble à appartements de seulement deux niveaux.

Dans la seconde moitié des années 1920, les frères Albert et Victor Verbist (entrepreneurs habitant rue Kelle située à deux pas) enchaînent les chantiers, surtout au début de l'avenue. Les nos2, 4, 8 et 14, ainsi que l'ensemble formé par les nos106 et 108 sont de leur main. La villa que leur père, l'architecte-géomètre Alexandre Verbist, avait construite pour son propre compte en 1908 se dressait au no36, mais fut démolie en 1974 pour faire place à un immeuble à appartements.

Avenue Edmond Parmentier 36 (démoli). Élévations des façades avant et latérale de la villa de l'entrepreneur Alexandre Verbist, ACWSP/Urb. 514 (1908).

Au-delà de ces architectes et entrepreneurs locaux qui investissaient souvent à titre personnel dans de petits projets immobiliers, figurait le promoteur immobilier Laurent Crombé (voir également rue Pierre Delacroix no6-10, rue Remi Fraeyman nos13 à 21, l'usine et villa Tackels et rue Kelle) qui, dans les années 1921-1922, construit, en tandem avec l'architecte Henry Nagels, un ensemble composé d'une maison de rapport, d'un café et de maisons bourgeoises (voir avenue E. Parmentier no179 - rue Mareyde no1, avenue E. Parmentier nos181, 185, 189 et rue Mareyde nos 3, 7, 9, 11 et 13), ainsi qu'une villa de style cottage (voir no187).

Un ensemble de maisons (nos96 à 104) conçu en 1921 par l'architecte Jean Combaz, se distingue par l'utilisation d'un matériau original, le «bloc enclavé»: un bloc de béton emboîtable pour construction rapide, fabriqué par les usines Raymond Levie à Ollignies-Lessines.

La ligne électrique entre Auderghem et Tervuren vers 1930, à droite la sous-station électrique (Collection de Dexia Banque-ARB-RBC).

Au no2a, une sous-station électrique datant de 1931, démolie en 1989, alimentait l'ancienne ligne de chemin de fer de Bruxelles à Tervueren. Suite à la suppression de la ligne pour le transport de passagers en 1958 et de celle pour le transport de marchandises en 1970, les voies furent démantelées en 1972 et la sous-centrale démolie en 1989. Le no92 (1929) hébergeait un atelier de broderie en activité dans l'entre-deux-guerres.

Quelques immeubles à appartements plus récents complètent le bâti de l'avenue, notamment le no150 (architecte Marc Corbiau, 1991).
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACWSP/Urb. Alignement 4 Parmentier - Grandchamps.
ACWSP/Urb. 2a: 13 (1931), 264 (1989); 2: 293 (1927), 264 (1932); 4: 323 (1929); 6: 169 (1932); 8: 33 (1928); 14: 91 (1928); 28: 522 (1908); 36: 514 (1908), 172 (1974); 54: 171 (1924); 92: 213 (1929); 93: 75 (1912), 160 (1925); 95: 15 (1920), 172 (1924); 96 à 104: 126, 127(1921); 106, 108: 196 (1924); 110: 161 (1921), 254 (1926), 282 (1935); 113: 129 (1931); 117: 205 (1936); 119: 84 (1939); 121: 277 (1939); 131: 167 (1932); 150: 253 (1990); 179, 185: 216 (1922); 181, 183: 303 (1922); 189: 173 (1921); rue Mareyde nos3-5, 7, 9-11: 337 (1922)..


Ouvrages
2A
: Inventaire visuel de l'architecture industrielle à Bruxelles. Woluwe-Saint-Lambert, Woluwe-Saint-Pierre et Evere, AAM, 1980-1982, fiche 50.