En pente et quasi rectiligne, la rue Josse Impens relie la rue des Pâquerettes à la rue Jan Stobbaerts, en croisant successivement la rue Fontaine d'Amour, l'avenue Général Eisenhower et la rue Frans Binjé.

Avec les rues Édouard Fiers et Auguste Lambiotte, elle reprend partiellement le tracé d'un ancien chemin, dénommé Petite rue au Bois, qui reliait l'ancien village de Schaerbeek au bois de Linthout et était bordé jusqu'en 1903 de fermes et de métairies. La suppression du chemin est décidée par l'arrêté royal du 10.02.1902 au profit de trois rues discontinues, dont la rue Josse Impens, qui s'inscrit dans le plan de voiries du quartier de la Vallée Josaphat. Dressé par l'ingénieur communal des Travaux Octave Houssa, celui-ci est approuvé par l'arrêté royal du 10.02.1902 puis définitivement par celui du 21.04.1906, en même temps que ceux des trois autres nouveaux quartiers de Schaerbeek – Monrose, de Linthout et Monplaisir-Helmet. La rue Josse Impens est tracée en 1908-1909.

Petite rue au Bois (Collection Dexia Banque-ARB-RBC).

Sa dénomination lui est attribuée en séance du Conseil communal du 29.01.1910. Comme d'autres rues du quartier, elle honore la mémoire d'un artiste. Établi à Schaerbeek, Josse Impens (1840-1905) était un peintre d'intérieurs, en particulier de scènes d'auberge.

Essentiellement résidentielle, la rue compte quelques ateliers en intérieur d'îlot, avec habitation de l'exploitant à rue. C'est le cas notamment du no50-52 (voir ce numéro). Les premières maisons sortent de terre entre 1908 et 1914. Relevant du style éclectique, ces constructions sont pour la plupart édifiées dans les premier et dernier tronçons de la rue. C'est le cas notamment des nos31, 33 et 35, un ensemble de trois maisons similaires de 1911. La Première Guerre mondiale arrête la construction, qui reprend en 1924 avec des maisons et des petits immeubles à appartements de style éclectique tardif, Beaux-Arts – par exemple le no54 (architecte V. Van Haelen, 1929) – ou Art Déco, comme le no16-18 (architecte Vanstraeten (?), 1930) et le no56 (ingénieur-architecte Jean Maréchal, 1932). À l'angle de la rue Jan Stobbaerts prend place un remarquable immeuble moderniste marqué par l'École d'Amsterdam, conçu en 1928 par l'architecte Joe Ramaekers et terriblement dénaturé en 1994 par le remplacement de ses châssis et la pose d'un enduit rose (no131 rue Josse Impens et 32 avenue Jan Stobbaerts). Enfin, quelques immeubles à appartements des années 1950 et 1960 complètent le bâti de la rue.

Au no125, l'architecte Armand Demey conçoit en 1933, dans un style mêlant accents Art Déco et Beaux-Arts, l'école Sainte-Alice, partie intégrante de l'ensemble scolaire de la Retraite du Sacré-Cœur dont le siège se situait au no58 avenue Jan Stobbaerts et 36 rue Vandenbussche (voir ces rues). Investie plus tard par l'Institut de l'Annonciation, la construction est complétée à gauche par un bâtiment de classes en 1962 et par une crèche en 1979.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACS/Urb. 16-18: 159-16-18; 31 à 35: 159-31-33-35; 54: 159-54; 56: 159-56; 125: 159-105-125; 131: 149-30-32.
ACS/TP Infrastructure 229.
ACS/TP Dénomination des rues III.
ACS/Bulletin communal de Schaerbeek, 1903, p. 1220; 1904, p. 783. 

Ouvrages
DEBOURSE, X., Schaerbeek. Parcours d'Artistes, Arobase Édition, Bruxelles, 2009, pp.56-57.

Périodiques
«Les groupes à appartements. L'immeuble de rapport à Bruxelles. J. Ramaekers, architecte», Le Document, 10/4, 1934, pp. 62-63.

Cartes / plans
HOUSSA, O., Plan no4. Boulevard de ceinture – Vallée de Josaphat, 09.1904 (ACS/TP).