La rue Gaucheret relie la place Solvay à l’avenue de la Reine, croisant sur son parcours les rues Rogier et Gendebien, la place Gaucheret, l’avenue Philippe Thomas et la rue Destouvelles.

Plus longue à l’origine, l’artère est ouverte en plusieurs phases. Sa première partie, entre la place du Marché – à hauteur de l’actuel boulevard Simon Bolivar – et le chemin de fer de raccordement de l’Allée Verte – à hauteur de la future place Gaucheret –, constituait à l’origine la partie schaerbeekoise de la rue du Marché, artère qui débute avenue du Boulevard sur Saint-Josse-ten-Noode. Comme la rue du Progrès, qui lui est parallèle, cette artère est prévue au plan général d'alignement et de nivellement des faubourgs dressé par l'inspecteur-voyer Charles Vanderstraeten et approuvé par l'arrêté royal du 02.09.1840. La portion entre la place du Marché et la rue Rogier est percée avant 1858 et rebaptisée rue Gaucheret vers 1860. La portion entre la rue Rogier et le raccordement du chemin de fer est, quant à elle, percée en 1864, en vertu de l’arrêté royal du 27.08.1861. La dernière partie de l’artère, aboutissant à l’avenue de la Reine, est ouverte en 1865 sur un terrain appartenant à la société L’Union Immobilière. Entre 1872, date de création de la place Gaucheret, et 1954, date de la désaffectation du chemin de fer de raccordement, les parties sud et nord de la rue n’étaient reliées que via un passage à niveau au centre de la place, partagé avec la rue Jolly.

La dénomination de la rue rend hommage à un avocat et propriétaire terrien schaerbeekois décédé en 1787.

La rue est essentiellement bâtie des années 1860 aux années 1890, de maisons pour la plupart d’inspiration néoclassique et de bâtiments industriels. Les deux premiers tronçons de la rue, entre l’actuel boulevard Simon Bolivar et la rue Rogier, ont été rasés dans les années 1970 dans le cadre du plan Manhattan. Le premier tronçon a été supprimé et le second bâti côté pair d’une tour de logements de la société Amelinckx, à partir de
1974, et côté impair d’un immeuble de bureaux, l’Ellipse Building (Montois Partners Architects, Art & Build, 2003). Le côté impair des deux tronçons suivants, également démoli, accueille depuis les années 2000 l’Espace Gaucheret (voir place Gaucheret).

La plupart des immeubles du reste de la rue ont été transformés au cours du temps, voire reconstruits, parfois suite à des dommages subis lors de la Seconde Guerre mondiale. Pointons néanmoins le no198 (après 1893) – néoclassique –, ainsi que les nos
102 (années 1880) et 170 (après 1893) – de style éclectique. Au no187-189, une maison d’avant 1876, surhaussée ultérieurement, mène à un bâtiment industriel en intérieur d’îlot. Au no221, notons une maison d’inspirations Beaux-Arts et Art Déco (architecte J. Van Lint, 1929). Face à la place Gaucheret se dresse l’École communale no8 (voir no124a). Enfin, au no82-100, un vaste complexe de bureaux et logements s’étendant jusqu’à la rue du Progrès a remplacé plusieurs maisons au début des années 2000 (Architectes Associés, 2000).


Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACS/Urb. 221: 109-221.
ACS/TP.
ACS/TP Infrastructure 54.

Ouvrages
DEKOSTER, J.-A., Les rues de Schaerbeek, Bruxelles, 1981, p. 52.
BERTRAND, L., Schaerbeek depuis cinquante ans. 1860-1910, Librairie de l’Agence Dechenne, Bruxelles, 1912, p. 35.
DEMEY, Th., Chronique d’une capitale en chantier. 2. De l’Expo ’58 au siège de la C.E.E., Paul Legrain, Bruxelles, 1992, pp. 141-142.

Cartes / plans
HUVENNE, J., Carte topographique et hypsométrique de Bruxelles et ses environs, vers 1858.
POPP, P. C., Atlas du Royaume de Belgique, plan parcellaire de la commune de Schaerbeek, vers 1858.
Plan de la commune de Schaerbeek 1876, Institut géographique national.
Bruxelles et ses environs, Institut cartographique militaire, 1881.
Bruxelles et ses environs, Institut cartographique militaire, 1893.