Liaison entre la r. Royale et la pl. Houwaert.

Tracée perpendiculairement à la r. Royale jusqu'à la r. du Méridien à la fin du régime hollandais, prolongée jusqu'à la r. de la Limite (avant 1840) et jusqu'à la r. du Mérinos en 1855 . Cette dern. partie est pavée en 1857 aux frais des propriétaires riverains (MM. Steurs et Lemort).

La rue garde, malgré quelques transformations, des ensembles homogènes. Le 1er tronçon, côté pair, est occupé par le bâtiment de la Résidence du Gesù conçus en 1929 par l'arch. Edmond SERNEELS (No 2). Les suivants se caractérisent par des maisons de tradition néoclassique construites pour la plupart entre 1840 et 1860, d'un gabarit assez large, bourgeoises ou anc. à usage mixte de commerce et d'habitation, dont l'aspect extérieur a parfois été altéré par des revêtements de briquettes (Nos 86 et 98 de 1859).
De nombreuses maisons conservent de beaux éléments en ferronnerie. Certaines ont subi de fortes transformations intérieures : on notera e.a. les nos 4 à 8, formant un ensemble qui abrite act. le centre d'hébergement de l'agglomération bruxelloise (CHAB). Ce centre s'étend à l'intérieur de l'îlot et comporte e.a. un foyer, des chambres, des salles de réunion et une cafétéria, réalisés d'après les projets du bureau ARCHÉCO (1985).
Sur la façade du no 6, une plaque commémore le séjour du peintre Vincent VAN GOGH dans le bâtiment entre 1880 et 1881.
Au no 44, se démarque un immeuble à appartements de tendance Art Déco, érigé en 1936 sur les plans de l'arch. Gaspar DEVALCK, comprenant cinq niveaux et un étage en retrait et dont la façade en briques et simili-pierre est marquée sur la hauteur des étages par la saillie de la travée axiale de plan trapézoïdal qui trouve son prolongement latéral dans les balcons accentuant l'horizontalité. Au no 56, une anc. remise a été aménagée en habitation et présente vers la rue un pignon en briques scandé par une frise d'arceaux et percé par un oculus (No 44 r. de la Limite).
Côté impair, l'esprit néoclassique se distingue notamment par les nos 7-9, 33 à 41, 51-55 (1842), 57-59 (1841), 65, 95, 113. En particulier, au no 101, large façade enduite de la 2moitié du XIXe s. sur r.d.ch. en pierre bleue, les trumeaux formant pilastres aux étages. Les nos 53-55 se caractérisent par leurs baies sous arc en plein cintre d'inspiration néo-Empire. Des transformations ont banalisé certaines maisons e.a.: au no 23 (maison exhaussée et transformée en 1912), 49, 73, 99 et 103. On remarque particulièrement la qualité des garde-corps et barres d'appui comme au no 49, avec motif de Victoires ailées ; au no 101, le seuil du balcon du dern. niveau présentant un profil chantourné et mouluré ; ou encore, aux nos 109-111, trois balcons droits sur consoles, le 1er continu sur les trois travées.
Act. un parking occupe l'emplacement des nos 15 à 21, abritant autrefois une école de style éclectique construite en 1889 d'après les plans de Gaspard DEVALCK. Le dern. tronçon est occupé par l'Institut de la Sagesse (voir no 127-131).
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACSJ/Urb./TP 192 (s.d.), 91, 115 (1841), 53 (1842), 28, 35, 56, 140 (1859), 87 (1860), 15 (1862), 1705 (1875), 8458 (1912), 11144 (1929), 12700 (1936), 17134 (1985).
AGR 1371.
AR 24.08.1855.
CC 13.04.1860.

Ouvrages
VAN BEMMEL, E., Histoire de Saint-Josse-ten-Noode et de Schaerbeek, Saint-Josse-ten-Noode, 1869 p. 199.