Nommée en hommage à André-Napoléon Fontainas (1807-1863), homme politique et démocrate libéral, échevin de l'Instruction publique et bourgmestre de la Ville de Bruxelles.

Tout comme les r. Émile Féron et de Belgrade, la rue est établie sur une partie du « vieux chemin de Forest » (Oude Vorstweg). Cette très anc. et importante voie de communication, mentionnée dès 1321 et probablement antérieure à cette date, était également appelée vieux chemin de Bruxelles vers Hal (Oude herbaene van Brussel naer Halle). En 1845, le chemin est rebaptisé rue des Chiens (Hondestraet).

La r. Fontainas relie l'av. de la Porte de Hal à la pl. des Héros.

Elle forme un coude aux deux-tiers de sa longueur. À cet endroit, une enfilade de petites maisons probablement fort anciennes ne s'aligne plus à front de rue (voir nos 21-23 à 37).

L'artère est bâtie, dès 1850, de maisons de style néoclassique. Bon nombre d'entre elles ont été démolies, suite au « PPAS Tour Vlogaert », approuvé par l'AR du 06.03.1958, modifié le 06.02.1969 et approuvé à nouveau le 13.10.1978, qui destine la zone à des logements de grand gabarit (voir également r. Vlogaert et sq. Jacques Franck). Côté impair ont ainsi été édifiés, de 1960 à 1990, plusieurs immeubles à appartements (voir nos 5, 7, 11, 13). Le bâti occupant le côté pair de la rue, bordant actuellement le sq. Jacques Franck, a quant à lui été totalement démoli, à partir de 1963. Seule la portion médiane a été rebâtie (voir nos 4 à 16), dans les années 1990, d'un ensemble de sept maisons de style postmoderne inspiré de l'Art nouveau. Tout comme l'ensemble conçu en 1900-1902 par l'arch. Ernest Blerot (voir r. Vanderschrick nos 1 à 25), les façades, toutes différenciées, présentent des variations sur le même thème : de même gabarit, elles sont chacune marquées par la saillie d'oriels, de tourelles d'angle ou de balcons à garde-corps métallique. L'ensemble résulte d'une volonté de rendre une échelle plus humaine à la rue en dissimulant les hautes tours du square Jacques Franck.

Nos ne figurant pas en notice : 1 et av. de la Porte de Hal 19, 20, 21 : ensemble de trois immeubles néoclassiques, le no 1 et av. de la Porte de Hal 19 étant un immeuble d'angle dont le r.d.ch. commercial est modifié à plusieurs reprises ; 4 à 16 : ensemble de sept maisons, totalisant 31 appartements, établies sur le toit du garage semi-enterré situé entre les deux immeubles occupant le centre de l'îlot (voir sq. Jacques Franck). Conçues par l'arch. Serge Gabriel et le bureau Archidis pour le Foyer saint-gillois en 1993 et inaugurées en 1998, elles remplacent des maisons d'esprit néoclassique, conçues avant 1870 et démolies à partir de 1963 ; 5 : immeuble à appartements, après 1958 ; 7 : à l'angle de la r. César Depaepe, vaste immeuble à appartements, 1993, bureau Archi+i, remplaçant des maisons néoclassiques de 1874 (anc. no 9-11) et 1864 (anc. no 13) ; 11, 13 : immeubles identiques de logements sociaux, 1989, atelier La Pierre d'Angle (arch. P. Willems, J. Houde, J. P. Verleyen), remplaçant plusieurs maisons faisant partie d'un ensemble de six maisons de 1863, act. entièrement démoli, les parcelles des maisons formant l'angle avec la r. César Depaepe act. englobées dans le sq. Germeaux (voir r. Féron no 12) ; 21-23 : ensemble de bâtiments industriels, conçus à des époques différentes. En 1881 les bâtiments de la distillerie « Verheggen et Van Vreckom », augmentés d'un hangar en 1886, sont conçus par la fabrique de pierres lithographiques A. J. Simon, également établie à l'époque aux nos 9 et 14 de la rue. L'ensemble est racheté et agrandi par la fonderie Petermann à partir de 1897 (voir également les nos 55 r. Émile Féron et 46 r. de Suède). Devenue « Société nationale des Bronzes » en 1903, la fonderie fait édifier un nouvel atelier arrière en 1912 et s'étend en 1913, en réunissant et transformant en ateliers et bureaux les maisons des nos 23 à 31. Le complexe est acquis et transformé par le garage « SA Auto-Service » en 1931 ; 27 : maison de rapport, résultant de la réunion de trois maisons néoclassiques (anc. nos 27, 29, 31), conçues avant 1873 ; 33 : maison d'inspiration néoclassique, avant 1873 ; 35 : maison anc. d'inspiration néoclassique, avant 1873, à baies modifiées et façade recouverte de briquettes. Encadrement de porte en pierre bleue de réemploi, remontant peut-être au XVIIIe s. ; 37 : maison anc. d'inspiration néoclassique, avant 1873, act. recouverte de briquettes ; 39-41 : vaste bâtiment néoclassique, transformé en 1990 par l'arch. G. Pirson (selon De Keyser, G., 1996) ; 43 : maison néoclassique. Commerce établi au r.d.ch. en 1972 ; 45 : maison néoclassique ; 47 et pl. des Héros 3 : maison d'angle néoclassique, 1870, modifiée en 1920.

Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Ouvrages
DEMETER, S., GOOSSENS, O., JACQMIN, Y., et al., Architectures saint-gilloises, Service des Monuments et des Sites de la Région de Bruxelles-Capitale, Bruxelles, 1999, p. 34.
DE SALLE, J., OLEFFE, A., Les sites remarquables du patrimoine social bruxellois, Cooparch-RU, Bruxelles, 2000, fiche 35.
Ensembles urbains et architecturaux à Saint-Gilles, Service des Monuments et Sites - Commune de Saint-Gilles, s.l., 1999, p. 34.
JURION-de WAHA, F., Découvrez l'architecture scolaire à Bruxelles, Fondation Roi Baudouin, Bruxelles, 1987 (La mémoire des pierres), p. 255.
La vie économique à Saint-Gilles, des origines à demain, Syndicat d'initiative, Saint-Gilles, 1993, p. 124.

Archives des numéros ne figurant pas en notice
ACSG/Urb. 1 : 2312 (1874) ; 4 à 16 : 170 (1993) ; 7 : – (1993) ; 9-11 : 411 (1874) ; 11, 13 : 32 (1989) ; 13 : 307 (1864) ; 21-23 : 199 (1881), – (1912), 204 (1913), – (1931) ; 43 : 73 (1972) ; 47 : 704 (1870), 137 (1920).