Typologie(s)

établissement scolaire

Intervenant(s)

D. FRANCKEN1895

Statut juridique

Inscrit à l’inventaire légal le 19 août 2024

Styles

Éclectisme
Néo-roman

Inventaire(s)

Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)

Recherches et rédaction

2016

id

Urban : 32358
voir plus

Description

Bâtiment scolaire édifié pour la Ville de Bruxelles sur les plans de l’architecte D. Francken (signature en façade) de 1895, comprenant une aile à rue avec conciergerie, bureau de direction, locaux de service et vestibule, un préau couvert, trois classes et une cour de récréation.

De deux niveaux et trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., façade à rue en pierre bleue, en style éclectiquePériode : env. 1840-1914. L’éclectisme est un courant architectural caractérisé par la combinaison de styles issus de différentes époques et de différents lieux. Les architectes mêlent les références historiques pour créer de nouvelles compositions. Cette tendance se développe à Bruxelles peu après l’indépendance de la Belgique, dans le cadre des grands programmes d’urbanisation. En effet, durant les années 1840 et 1850, alors que jusque-là la ville a mis à l’honneur le néoclassicisme avec des ensembles urbains symétriques, ordonnés et rationnels, pointe le besoin d’une architecture nationale. Alors que des architectes font le choix de l’unité de style comme le néogothique ou le néo-Renaissance flamande, une tendance à mélanger les grammaires issues du passé va se développer, tout en utilisant les matériaux locaux et des techniques nouvelles (issues notamment de la révolution industrielle). Cet éclectisme permet de répondre plus souplement à une multitude de typologies et d’équipements urbains. En effet, la ville est en pleine expansion : l’éclectisme s’adapte tant aux églises qu’aux grands magasins, aux hôtels, aux gares, aux écoles, aux usines,… mais également à l’architecture résidentielle. C’est pourquoi l’éclectisme est la tendance architecturale dominante dans la première couronne de Bruxelles (les faubourgs de Bruxelles). Dans l’architecture publique, ce mélange n’est pas arbitraire : chaque style est choisi pour transmettre une idée. Par exemple, le néogothique peut évoquer l’histoire médiévale de la ville ou la spiritualité d’un édifice religieux ; le néoclassicisme suggère l’ordre et l’autorité pour un palais de justice ou un bâtiment administratif ; la Renaissance symbolise le prestige civique ou culturel. L’architecture devient ainsi un langage visuel, conçu pour représenter les valeurs d’une institution. Dans l’architecture résidentielle, l’éclectisme est l’apanage de la bourgeoisie et se reconnaît par une façade variée et dynamique où les architectes jouent avec les formes, les matériaux et les couleurs. Brique, pierre, fer forgé, céramique ou sgraffites s’y mêlent pour créer un décor riche et personnalisé. Chaque détail — balcon, corniche, linteau sculpté, lucarne, logette, porte d’entrée — devient une occasion d’exprimer le goût du propriétaire, d’afficher son statut ou ses aspirations culturelles. Ce style s’inscrit dans une période où Bruxelles valorise la modernité tout en célébrant son histoire. L’éclectisme traduit donc un compromis : une architecture contemporaine inspirée du passé, adaptée à la vie bourgeoise, urbaine et moderne. Derrière la façade, les intérieurs sont pensés pour le confort : distribution plus pratique, escalier décoratif, pièces spécialisées (salon, fumoir, salle à manger), et parfois innovations techniques (chauffage amélioré, eau, gaz). La période de l’éclectisme met en place le modèle type de la maison bourgeoise : une façade de composition symétrique (trois travées égales sur trois niveaux) ou asymétrique (deux travées – une étroite et une large – sur trois niveaux) ; un plan reprenant un couloir menant à l’escalier en travée d’entrée et deux ou trois pièces en enfilade, correspondant à la largeur (de la ou) des autres travées. La façade se développe également en trois dimensions par l’ajout de balcons, de logettes ou de bow-windows. Durant la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe siècle, le développement urbanistique est tel qu’il n’est pas rare de voir des pans de rue entiers sortir de terre en quelques années. Il en résulte des ensembles urbanistiques particulièrement homogènes et cohérents : les enfilades. Cette cohérence est parfois due au travail d’un architecte dans le cadre d’une petite promotion immobilière. Mais le plus souvent, les maisons sont réalisées par des architectes différents, pour des propriétaires différents : elles sont alors toutes différentes mais forment des enfilades homogènes de bâtiments de même style, mêmes matériaux et/ou de même gabarit. Les éléments représentatifs de l’architecture résidentielle de style éclectique sont : le gabarit (composition asymétrique ou symétrique), la polychromie des matériaux (pierre bleue, pierre blanche, briques de couleurs variées, enduits), l’usage d’éléments en ferronnerie, d’éléments en surplomb (balcons, logettes, bow-windows), de lucarnes et les enfilades urbanistiques. Ces façades sont souvent accentuées d’éléments d’inspirations diverses : néoclassique (enduit, sobriété), néogothique (baies en ogive ou trilobées, croisées en pierre), néo-Renaissance flamande (lucarne-pignon à gradins, ancres), Art nouveau (sgraffites, carreaux de céramique, éléments reprenant la courbe « coup de fouet », vitraux floraux), pittoresque (toiture à croupe ou croupette, tourelle, éléments en bois ou faux bois : garde-corps, colombages, fermes apparentes), etc. Il est communément admis que la période de l’éclectisme s’achève avec la Première Guerre mondiale, néanmoins le modèle type de la maison bourgeoise perdure bien après la guerre. Les communes et quartiers urbanisés plus tardivement, durant l’entre-deux-guerres, sur base de plans d’aménagement tracés au XIXe siècle, reproduisent le modèle de l’éclectisme : des enfilades de maisons de gabarit similaire. Ces maisons sont qualifiées de style éclectique tardif. Elles reprennent toutes les caractéristiques de l’architecture résidentielle éclectique, mais sont le plus souvent accentuées d’éléments d’inspiration Beaux-Arts, Art Déco, Art nouveau, pittoresque ou régionaliste (voir éclectisme tardif). inspiré par le style romanXIe siècle - XIIIe siècle. L'architecture romane est apparue pendant une période de relative stabilité politique après les invasions et les troubles du début du Moyen Âge. Elle s'est développée simultanément en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne, puis s'est répandue dans toute l'Europe. Ce style s'est inspiré de l'architecture carolingienne et ottomane, qui s'est elle-même inspirée des exemples romains et byzantins. Le style roman peut être considéré comme le premier grand style artistique de l'Europe médiévale. Son essor et sa diffusion sont le résultat d'intenses échanges culturels et de la dynamique religieuse, notamment liée à la vie monastique et aux chemins de pèlerinage. Aussi, on le retrouve principalement dans l'architecture religieuse, comme les cathédrales, les églises et les monastères. Les lieux de culte romans se caractérisent par des murs massifs en pierre avec de petites baies à arc en plein cintre et de riches peintures murales. L’arc en plein cintre est fréquemment utilisé : dans les portails, les frises, les niches et les pilastres. La couverture est généralement constituée d'un plafond plat en bois, et plus rarement de voûtes en berceau, d’arêtes ou d’une coupole en pierre. Le plan est généralement en forme de croix latine avec des nefs latérales, et sous le chœur se trouve souvent une crypte, destinée à servir de lieu de sépulture ou de conservation des reliques. À Bruxelles, pratiquement aucune église romane n'a été conservée dans son état d'origine. La plupart des lieux de culte ont été agrandis, modernisés ou restaurés au fil des siècles, de sorte qu'aujourd'hui, seules des parties fragmentaires de cette première phase historique de l'histoire de la construction sont visibles. du Sud-Ouest français. Découpage en registresAlignement horizontal de baies sur un pignon. grâce aux bandeauxÉlément horizontal, soit en saillie et de section rectangulaire, soit dans le plan de la façade. d’appuis, larmierMouluration horizontale qui présente un canal creusé dans sa partie inférieure, servant à décrocher les gouttes d’eau afin d’éviter leur ruissellement sur la façade. Le larmier isolé possède un chanfrein comme moulure supérieure. Le larmier constitue l'un des éléments de la corniche., frisesBande horizontale, décorée ou non, située au milieu de l’entablement. Par extension, suite d’ornements en bande horizontale. décoratives et cornicheCorniche. Élément de couronnement d’un entablement, d’une élévation ou d’un élément d’élévation comme une baie ou une lucarne. La corniche se compose de moulures en surplomb les unes par rapport aux autres. La cimaise est la moulure supérieure de la corniche, située au-dessus du larmier.. Au rez-de-chaussée, deux baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. rectangulaires à linteauÉlément rectiligne d’un seul tenant, en pierre, bois, béton ou métal, couvrant une baie. festonné, protégées par un grillage travaillé. Porte d’entrée, à droite, cintrée comme les baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. d’étage festonnées, toutes bordées d’un larmierMouluration horizontale qui présente un canal creusé dans sa partie inférieure, servant à décrocher les gouttes d’eau afin d’éviter leur ruissellement sur la façade. Le larmier isolé possède un chanfrein comme moulure supérieure. Le larmier constitue l'un des éléments de la corniche. en arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. briséUn élément est dit brisé, en ogive ou ogival lorsqu’il est composé de deux arcs de cercle se rejoignant en pointe.. Due à M. Stepman, décoration sculptée suggestive, telle que frisesBande horizontale, décorée ou non, située au milieu de l’entablement. Par extension, suite d’ornements en bande horizontale. de feuilles de chou, de denticulesLes gouttes et denticules sont des éléments répétés sur les moulurations ou décorations. La goutte est tronconique. Elle se distingue du denticule qui est en forme de petit cube. et de festonsDécor figurant une guirlande de fleurs, de feuilles ou d’étoffes, pendant en forme d'arc., d’arcatures et d’étoiles sous la cornicheCorniche. Élément de couronnement d’un entablement, d’une élévation ou d’un élément d’élévation comme une baie ou une lucarne. La corniche se compose de moulures en surplomb les unes par rapport aux autres. La cimaise est la moulure supérieure de la corniche, située au-dessus du larmier., encadrant l’inscription «JARDIN D’ENFANTS - KINDERTUIN» et Complétées de tondi avec l’étoile de David à l’étage.

À l’intérieur, préau couvert d’une charpente à la PolonceauCharpente Polonceau. Charpente de halle rectangulaire dont les éléments en traction (entraits) sont des tirants en fer ou en acier, tandis que les éléments en compression (arbalétriers, poinçons) sont en fonte ou en bois. Brevet de l'ingénieur français Polonceau de 1836. et d’un lanterneau en bois et en verre.


Sources

Archives
AVB/TP 1897, rep. 3981.
AVB/N.P.P., P7.