Marquant la frontière avec Vilvorde, l’allée des Moutons prolonge la chaussée Romaine sur Neder-Over-Heembeek. Elle croise les avenues Wannecouter et de la Bugrane, avant de rejoindre la rue de la Tour Japonaise, où elle est prolongée par la rue Laskouter. Seul son côté pair est situé sur le territoire de Bruxelles.

L’artère faisait jadis partie intégrante de la chaussée Romaine, l’une des plus anciennes voies de Laeken, remontant vraisemblablement à l’Antiquité. Dénommée strata regia au XIIIe siècle, elle fut également connue à partir de 1758 – voire même dès le XIVe siècle – sous le nom de Schapenweg – qui désigne encore aujourd’hui un tronçon de chaussée sur Jette (chemin des Moutons) et l’allée des Moutons sur Neder-Over-Heembeek – puis comme chemin des Romains ou chemin de Gand à Vilvorde à partir du début du XIXe siècle ou encore chaussée Romaine, dans la seconde moitié du siècle. Cette dernière appellation fut officiellement adoptée par l’Administration communale de Laeken le 10.09.1898. La partie de chaussée située sur Neder-Over-Heembeek est référencée dans les Almanachs du Commerce sous la dénomination de chemin des Moutons à partir de 1925. Elle est également connue sous le nom de rue des Moutons des années 1930 aux années 1950. L’artère ne fut rebaptisée allée des Moutons que par arrêté du Collège de la Ville de Bruxelles du 31.12.1959.

Dans les années 1930, l’alignement du chemin des Moutons, encore irrégulier comme celui de la chaussée Romaine, est revu, en vertu de l’arrêté du Collège du 29.07.1932. Dans les années 1950, la rue est élargie, ce qui entraine un déplacement de la limite territoriale avec Vilvorde. Au-delà de l’avenue de la Bugrane, l’allée conserve toutefois l’allure d’un chemin étroit.

C’est dans le premier tronçon de l’allée, ainsi qu’au début du deuxième, que se concentre le bâti le plus ancien. Il s’agit de maisons ouvrières pour la plupart néoclassiques, conçues aux alentours de 1900, souvent en ensembles, comme les nos34 et 36. La majorité d’entre elles a été transformée. Les parcelles restées vierges sont bâties des années 1930 aux années 1950 d’habitations de gabarit assez modeste. Quant à la seconde moitié de l’artère, elle est constituée de villas à quatre façades des années 1960, suivies d’un complexe de trois barres de logements des années 1970.
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Sources

Archives
AVB/AR rues, boite 243-246, cote 78, no18213 (
29.07.1932).
AVB/PP 3404 (1933), 3525 (1934).
AVB/TP 78567 (1952-1957).

Ouvrages
VAN KRIEKINGE, D., Essai de toponymie laekenoise, Laeken, 1995, s.p.
VAN NIEUWENHUYSEN, P., Toponymie van Laken (thèse de doctorat en Philologie germanique), UCL, Louvain-la-Neuve, 1998, pp. 1685-1689.

Périodiques

Almanach du Commerce et de l’Industrie, «Moutons (chem. des)», 1925.