La rue Archimède est ouverte suivant le plan d'aménagement du quartier Nord-Est, dessiné par l'architecte Gédéon Bordiau et approuvé par l'arrêté royal du 20.12.1875. Elle débute au rond-point Schuman, à l'origine rond-point de la rue de la Loi, aménagé selon un plan de prolongation de cette dernière, adopté en 1852. L'artère rencontre ensuite les rues Stevin et Franklin à hauteur du carrefour Jean Monnet, pour se prolonger jusqu'au square Ambiorix.

La rue apparaît tracée mais non encore bâtie sur le plan de Bruxelles réalisé par l'Institut cartographique militaire en 1881.

Tout comme la plupart des artères du quartier, elle porte un nom historique. Celui-ci renvoie au célèbre géomètre de l'Antiquité grecque qui vécut au IIIe siècle avant J.-C., une dénomination attribuée par arrêtés du Collège de la Ville de Bruxelles des 14.04 et 15.05.1877.

À l'origine, le premier tronçon longe, côté pair, les jardins du couvent de Berlaimont, établi depuis 1864 en bordure de la rue de la Loi. L'institution a aujourd'hui cédé la place à un imposant immeuble de bureaux, le Berlaymont, conçu en 1959-1960 par les architectes Lucien De Vestel, Jean Gilson, André et Jean Polak (rue de la Loi 200).

Le reste de l'artère se bâtit essentiellement entre 1892 et 1905, de maisons de style éclectique ou d'inspiration néoclassique.

Parmi elles, quatre réalisations de l'architecte Jules Barth (voir nos 61 à 67), une élégante habitation conçue par l'architecte Jules Brunfaut (voir no 69) ou encore une maison teintée d'Art nouveau dessinée par l'architecte Jules Barbier (voir no 34). Plus tardive, une habitation de l'architecte Aloys Jos. Otto mêle inspirations Beaux-Arts et Renaissance flamande (voir no 36).

Rue Archimède 7, avant démolition, AVB/TP 80033 (1965).

Débutant en plein cœur du quartier européen, la rue a subi de profondes transformations depuis les années 1960. Dans le premier tronçon, face au Berlaymont, seul un hôtel particulier subsiste (voir no 11). Les autres habitations ont laissé la place à des immeubles de bureaux. Au no 1, en bordure du rond-point Schuman, un hôtel de maître conçu vers 1891 et surhaussé ultérieurement a ainsi été remplacé par un immeuble de 1964 (architecte Jacques Cuisinier), aujourd'hui rhabillé (Art & Build, 2001). Le no 3-7 (architecte A. De Vuyst, 1965) remplace entre autres, quant à lui, une maison d'inspiration néo-Renaissance flamande de 1894. Le no 15-19 a entraîné la disparition d'une habitation dessinée en 1901 par l'entrepreneur Albert de Vestel et rehaussée de sgraffites par le peintre-décorateur Gabriel Van Dievoet. À l'instar du no 1, l'immeuble est conçu par Cuisinier (1966), tout comme le no 21-29 et rue Stevin 133 (1964), rhabillé en 2007. La fin de la rue côté pair, vers le square Ambiorix, est pour sa part bâtie d'immeubles à appartements.

Rue Archimède 15 (démoli), projet de sgraffites conçu par le peintre-décorateur Gabriel Van Dievoet (© AAM/Fonds Gabriel Van Dievoet).

Au n16-26 s'élève l'ancien hôtel Dorint, aujourd'hui Silken Berlaymont, un complexe conçu en 1993 par l'architecte Serge Roose, qui s'étend jusqu'au no 11-19 du boulevard Charlemagne.

Les maisons qui n'ont pas été démolies ont aujourd'hui pour la plupart vu leur rez-de-chaussée transformé en commerce : magasin ou Horeca.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
AVB/TP 1 : 6748 (1896-1901), 77383 (1964), 97951 (2001) ; 3-7 : 6727 (1894), 80033 (1965) ; 15-19 : 82616 (1966), 6749 (1901) ; 21-29 et rue Stevin 133 : 84114 (1964) ; 16-26 et boulevard Charlemagne 11-19 : 105602 (1993), 106027 (1993).
AVB/Bulletin communal de Bruxelles, 1877, t. I, p. 316.
AVB/PP 953 (1875), 956-957 (1879).
AAM/Fonds Gabriel Van Dievoet.

Cartes / plans
Bruxelles et ses environs, Institut cartographique militaire, 1881 (Bibliothèque royale de Belgique, Section Cartes et Plans).