Montant de la rue David Van Bever à l'avenue Edmond Parmentier, la rue Mertens est rectiligne et suit un axe nord-ouest/sud-est. Elle remplace un étroit sentier rural, d'une largeur d'un mètre soixante-cinq, vraisemblablement créé durant la première moitié du XIXe siècle. Ce dernier était repris dans l'atlas des chemins vicinaux de 1847 comme sentier n°35 ou sentier De Kelle. Il prenait naissance au niveau de l'actuelle rue homonyme – correspondant au tracé actuel de la rue Pierre Delacroix, croisant le chemin n°23 ou l'actuelle rue David Van Bever – pour se terminer en cul-de-sac dans les champs situés à la hauteur de ce qui est aujourd'hui l'avenue Parmentier.

Extrait de l'atlas des chemins vicinaux indiquant l'élargissement de la rue Emmanuel Mertens en 1931, ACWSP/Urb. alignements 15 Em. Mertens.

La majorité des constructions est élevée entre 1911 et 1936, avant même l'alignement officiel de la voirie. Le projet d'alignement et élargissement de la rue est ratifié par l'arrêté royal du 10.11.1931. Le pavage de la rue est effectué en 1933 par l'entrepreneur Aquila Dubois-De Koster. Bien avant la construction de la voirie, la commune avait veillé à assurer un alignement correct des habitations, en fixant sur place l'implantation de chaque nouvelle construction. Deux fronts de bâtisses parfaitement alignés et distants l'un l'autre de douze mètres voient ainsi progressivement le jour à partir des années 1910.

Le bâti des années 1910 et 1920 consiste en des maisons ouvrières comptant deux niveaux, modestes tant dans leurs proportions que dans leur architecture. Plusieurs témoignent du style éclectique polychrome. Si certaines conservent leur aspect d'origine, beaucoup d'entre elles sont aujourd'hui exhaussées d'un étage ou fortement transformées. Parmi les exemples les plus représentatifs de cette typologie, citons les nos31 (architecte P. L. Verbist, 1913) et 50 (architecte P. Vangrinderbeek, 1927).

Avenue Emmanuel Mertens 67, 69 et 71 (photo 2013).

Les constructions des années 1930, présentes plutôt dans le bas de la rue, consistent en des maisons unifamiliales plus vastes, la plupart de trois niveaux. Elles restent majoritairement bâties selon une esthétique traditionnelle, bien que l'une ou l'autre s'inspire modestement du style Art Déco. Parmi celles-ci, les meilleurs exemples sont les nos67, 69 et 71, trois maisons de 1936, la première apparemment par l'architecte N. Dubois, les deux suivantes par l'architecte Léon Van Buggenhout.

Des constructions plus récentes – des maisons unifamiliales ou divisées en appartements – datent de la fin des années 1940 et des années 1950. Parmi celles-ci, on note plus particulièrement l'immeuble à appartements au n°56 (architecte François Mees, 1949), exemple d'utilisation tardive du style Art Déco. Quelques rares immeubles à appartements, souvent fonctionnalistes, viennent occuper les dernières parcelles vierges durant les années 1960.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACWSP/Urb. alignement 15 Em. Mertens.
ACWSP/TP 8757.
ACWSP/Urb. 31: 132 (1913); 50: 61 (1927); 56: 157 (1949); 67: 196 (1936); 69: 171 (1936); 71: 333 (1936).