Courte artère coudée reliant l'avenue Voltaire à la rue Général Eenens, la rue Van Ysendyck n'est bâtie que sur son côté est.

Le premier tronçon de la rue est établi sur l'assiette de ce qui était à l'origine l'amorce de la chaussée de Helmet, artère déjà visible sur la carte de Ferraris de 1777 et qui débutait au croisement de la chaussée de Haecht et du chemin de fer de ceinture (actuelle avenue Voltaire). C'est dans le cadre du déplacement de ce dernier de quelques dizaines de mètres vers l'est, envisagé dès 1877 mais seulement décrété par l'arrêté royal du 10.02.1902, qu'est prévue la création d'une rue à cet endroit, la chaussée devant être coupée par le nouveau tracé ferroviaire. Perpendiculaire à la rue Général Eenens, le second tronçon de la future rue Van Ysendyck apparaît déjà sur un plan de 1894. L'alignement de l'artère est précisé en séance du Conseil communal du 07.08.1900. Elle est finalement incluse dans le plan de voiries du quartier dit Monplaisir-Helmet, dressé par l'ingénieur communal des Travaux Octave Houssa et approuvé en séance du Conseil communal du 03.11.1904 puis par l'arrêté royal du 21.04.1906, en même temps que ceux des trois autres nouveaux quartiers de Schaerbeek – Monrose, de Linthout et de la Vallée Josaphat.

La rue reçoit son nom en 1910 ou 1911, en hommage à l'architecte Jules-Jacques Van Ysendyck (1836, Paris – 1901, Uccle), notamment auteur de l'hôtel communal de Schaerbeek. Cette dénomination devait à l'origine être attribuée à la partie est de la place Colignon.

Jusqu'à la fin des années 1890, le côté ouest de l'actuelle rue Van Ysendyck est principalement occupé par la ferme Deprins, constituée de vestiges de l'ancien domaine de la Warande, une propriété attestée depuis le XIVe siècle et intégrant une garenne qui s'étendait vers le nord jusqu'à hauteur de l'actuel boulevard Lambermont. Seulement réaménagé en 1988, l'espace a été planté d'arbres.

Côté est, outre quelques habitations des années 1910, le bâti se compose essentiellement de maisons et immeubles à appartements de l'entre-deux-guerres, ainsi que de bâtiments d'après-guerre. Citons, au no24-32, une école conçue en 1970 (architectes L. Lauwers et D. Van de Vijver), qui remplace une salle des fêtes de 1910 (architecte H. Leckor).
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACS/Urb. 270-X; 24-32: 270-24-36.
ACS/Bulletin communal de Schaerbeek, 1900, pp. 499-500.

Ouvrages
BERTRAND, L., Schaerbeek depuis cinquante ans. 1860-1910, Librairie de l'Agence Dechenne, Bruxelles, 1912, p. 49.
DEKOSTER, J.-A., Les rues de Schaerbeek, Bruxelles, 1981, p. 120.
GUILLAUME, A., MEGANCK, M., Atlas du sous-sol archéologique de la région bruxelloise. 16. Schaerbeek, Ministère de la Région de Bruxelles-Capitale, Bruxelles, 2006, pp. 74-75.

Cartes / plans
FERRARIS, J. J. F., Carte de Cabinet des Pays-Bas autrichiens et de la Principauté de Liège, 1777.
Bruxelles et ses environs, Institut cartographique militaire, 1894.
Plan de la commune de Schaerbeek 1899 (ACS/TP).