La rue des Éburons relie les squares Gutenberg et Ambiorix. Elle est établie dans le prolongement de la rue Willems, établie sur Saint-Josse-ten-Noode. Ses nos 2 et 4 sont d'ailleurs situés sur le territoire de cette commune.

L'artère se compose de deux tronçons séparés par la rue du Cardinal. À ce croisement débute la rue de Gravelines. Vers la fin de la rue, côté pair, débouche la rue John Waterloo Wilson.

Projet de percement de la rue Willems, de l’église Saint-Josse à la ligne de chemin de fer, plan dressé en 1864, AVB/TP 26337.

Dès 1864 est envisagé le percement de la rue Willems, qui doit s'étendre de l'église Saint-Josse jusqu'à la ligne de chemin de fer qui traverse le quartier Nord-Est (AVB/TP 26337). Cette dernière emprunte à cette époque le tracé de l'actuelle rue John Waterloo Wilson. Seule la partie de la rue Willems située sur Saint-Josse est réalisée selon ce plan. Le projet de prolongation sur le territoire de la Ville est repris par l'architecte Gédéon Bordiau dans son plan d'aménagement du quartier Nord-Est, approuvé par l'arrêté royal du 20.12.1875.

La nouvelle artère est tout d'abord baptisée rue Paul Devaux, par arrêtés du Collège de la Ville de Bruxelles des 14.04 et 19.09.1877. Historien et homme politique belge, Paul Devaux décède à Bruxelles le 30.01.1880. Une nouvelle dénomination, celle de rue des Éburons, est attribuée une dizaine de jours plus tard, par arrêté du Collège du 11.02.1880.

L'artère porte un nom historique, tout comme la plupart des voiries du quartier, baptisées en lien avec l'histoire du jeune État belge ou celle, plus ancienne, des régions dans lesquelles il se situe. À l'instar de ceux du square Ambiorix et de la rue Boduognat, le nom Éburons renvoie à l'histoire de la Gaule.

Les rues du Cardinal et du Caillou vers 1836, détail du [i]Plan parcellaire de la commune de Saint-Josse-ten-Noode avec les mutations jusqu’en 1836[/i], dressé par Ph. Vandermaelen (© Bibliothèque royale de Belgique, Bruxelles, Section Cartes et Plans).

La seconde partie de la rue est établie sur le début de l'assiette d'une voie préexistante au quartier Nord-Est, la rue du Caillou, un chemin prenant son départ rue du Cardinal, enjambant la ligne de chemin de fer au moyen d'un pont (AVB/TP 26337) et continuant vers l'est pour aboutir en plein champs. À l'origine, la rue du Cardinal était, quant à elle, une longue artère longeant la rive est du grand étang de Saint-Josse, future pièce d'eau du square Marie-Louise, avant de bifurquer vers le sud-est pour rejoindre la fin de la rue du Noyer.

La rue Paul Devaux, future rue des Éburons, superposée au début de l’ancienne rue du Caillou. Toutes deux longent l’école communale n<sup>o</sup> 9. Plan de transformation de la partie nord-est du quartier Léopold dessiné par Gédéon Bordiau, AVB/PP 956 (1879).

Au milieu des années 1860, l'école communale no 9 (voir nos 46, 50) fut implantée entre la rue du Caillou et la voie de chemin de fer traversant le quartier du nord au sud. L'édifice fut maintenu lors de l'aménagement de la rue des Éburons. Au début des années 1890, le chemin de fer laissa la place à la rue John Waterloo Wilson (voir cette rue).

Vue du square Marie-Louise vers la rue des Éburons non encore bâtie, à l’exception de l’école communale n<sup>o</sup> 9, AVB/FI.

Si la rue des Éburons apparaît tracée sur le plan de Bruxelles réalisé par l'Institut cartographique militaire en 1881, elle n'est essentiellement bâtie qu'entre 1894 et 1904, de maisons de style éclectique ou d'inspiration néoclassique. Dans le premier tronçon, la majorité des maisons sont dotées d'un rez-de-chaussée commercial, souvent fort transformé.

Rue des Éburons n<sup>o</sup> 83 (démoli), maison conçue en 1897 par les architectes Constant Bosmans et Henri Vandeveld en ensemble avec le n<sup>o</sup> 16 avenue Palmerston, état en 1975, AVB/TP 92044 (1975).

Le second tronçon de la rue, côté impair, compte de nombreux bâtiments conçus comme dépendances des maisons cossues du square Marie-Louise et de l'avenue Palmerston, situées de l'autre côté de l'îlot. Ces anciennes écuries, remises et garages ont pour la plupart subi des transformations au cours du temps. Citons par exemple, au no 51, une ancienne écurie conçue par l'architecte Victor Taelemans pour le no 43 square Marie-Louise. Au no 85, une autre écurie est mieux conservée. Dessinée par l'architecte Louis Derycker, en ensemble avec la maison portant le no 89, elle dépend d'un hôtel particulier situé avenue Palmerston (voir no 20 de cette avenue). Par ailleurs, une maison portant le no 83, détruite en 1986, a été conçue en 1897 en ensemble avec le no 16 de l'avenue Palmerston (architectes Constant Bosmans et Henri Vandeveld).

Rue des Éburons 10 à 18, ensemble de cinq maisons à rez-de-chaussée commercial, aujourd’hui mal conservées, conçues par un même auteur, pour un certain Bogaers en 1900 (photo 2007).

La rue compte en outre deux ensembles de maisons à rez-de-chaussée commercial, aujourd'hui assez mal conservées, conçues par un même auteur, pour un certain Bogaers : le premier en 1900, aux nos 10 à 18, le second en 1902, aux no 34-36 et nos 3-5 et 7-9 rue de Gravelines, sur une parcelle traversant l'îlot. Pas moins de cinq ensembles similaires, édifiés pour ce même propriétaire, se retrouvent ailleurs dans le quartier : trois aux angles des rues de Gravelines et John Waterloo Wilson, un à l'angle de la rue de Gravelines et du boulevard Clovis, le dernier à l'angle de la chaussée de Louvain et de la rue de Pavie.

Rue des Éburons 21, architecte Gustave Strauven, élévation originelle, AVB/TP 10393 (1901).

La rue compte deux remarquables maisons de style Art nouveau, dessinées en 1901, l'une par l'architecte Léon Delune (voir no 52), l'autre par Henri Jacobs (voir no 55). L'architecte Gustave Strauven a conçu deux maisons dans la rue, l'une en 1899 (voir no 31), l'autre en 1901, au no 21, transformée en 1928. L'architecte Jules Brunfaut est, quant à lui, l'auteur d'un intéressant atelier de sculpture de style éclectique, conçu en 1904 (voir no 63). Vers la fin de l'artère, sur l'éperon formé avec la rue John Waterloo Wilson, se dresse un élégant ensemble de trois maisons conçues de 1902 à 1904 pour, et vraisemblablement par, le maçon-entrepreneur François Sanders (voir nos 62, 64, 66).

L'entrée de la rue, côté impair, est marquée par un immeuble à pan coupé sommé d'un vaste pignon, conçu en 1898 à l'angle du square Gutenberg. Aux nos 24 à 32, l'angle de la rue de Gravelines est occupé par un ensemble de trois maisons de rapport, de quatre niveaux. Conçues en 1900, elles partagent une même façade.

Rue des Éburons 65-73, station-service dessinée par l’architecte Lucien Kroll, aujourd’hui remplacée par un immeuble à appartements, perspective, AVB/TP 72094 (1961).

Des constructions plus récentes s'insèrent dans le bâti originel de la rue. Au no 37, un vaste immeuble à appartements conçu en 1967 par l'architecte Frank L. Jansen, également auteur, deux ans plus tôt, du no 40 square Marie-Louise, implanté à l'autre extrémité d'une même vaste parcelle. Cet immeuble remplace entre autres un large bâtiment à usage d'écurie et de remise, conçu par l'architecte Émile Janlet en 1897 comme dépendance de la maison située de l'autre côté de l'îlot (voir no 41 square Marie-Louise). Au no 65-73 se situe un autre immeuble à appartements, conçu en 1992 par le bureau d'architectes Rik Liekens. Il remplace une station-service dessinée par l'architecte Lucien Kroll en 1961.

Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
AVB/TP 26337 (1864) ; 1 : 12000 (1899) ; 10 à 16 : 10413 (1900) ; 18 : 10414 (1900) ; 21 : 10393 (1901), 34773 (1928) ; 24 à 32 et rue de Gravelines 1 : 10415 (1900) ; 34-36 et rue de Gravelines 3-5 et 7-9 : 11941 (1902) ; 37 : 10399 (1897), 92375 (1965), 91895 (1967) ; 51 : 10400 (1901) ; 65-73 : 72972 (1960), 72094 (1961), 96947 (1992) ; 83 : 10410 (1897), 91530 (1986).
AVB/Bulletin communal de Bruxelles, 1877, t. I, p. 316 ; 1880, D. O., p. 3.
AVB/PP 953 (1875), 956-957 (1879).

Cartes / plans
Bruxelles et ses environs, Institut cartographique militaire, 1881 (Bibliothèque royale de Belgique, Section Cartes et Plans).