Partagée entre les territoires communaux d'Ixelles et de Bruxelles (nos 31 à 67 et nos 44 à 54), cette artère pentue relie l'angle formé par l'avenue du Général de Gaulle et de la rue du Lac à l'avenue Louise, en croisant successivement les rues Vilain XIIII et du Buisson, et en longeant dans sa partie terminale les Jardins du Roi.

Compris entre la chaussée de Vleurgat et l'abbaye de La Cambre, les étangs d'Ixelles et l'avenue Louise, le quartier des Étangs, dont la rue de la Vallée fait partie intégrante, est remarquablement cohérent. Ce quartier est situé sur des terres ayant appartenu autrefois à l'abbaye de La Cambre et vendues comme biens nationaux à la Révolution. Ces terrains sont, après quelques péripéties, acquis par la Société immobilière de Belgique, par l'intermédiaire de sa filiale, la Société de l'Avenue Louise. C'est elle qui réalisa les rues projetées. Un plan conservé aux Archives de la Ville de Bruxelles, vers 1875, montre les possessions de cette société, déjà divisées en parcelles prêtes à la vente.

Son tracé est ratifié par l'arrêté royal du 22.08.1873, qui autorise la création de rues vers l'avenue Louise et l'expropriation pour cause d'utilité publique des étangs et de leurs dépendances. La rue reçoit son nom actuel en séance du Conseil communal de Bruxelles du 23.11.1879.

Sur le territoire bruxellois, la rue est constituée à l'origine de maisons bourgeoises, devancées de jardinets, chacun ceint d'une grille. Les constructions s'échelonnent entre 1875 et 1905, avec un pic autour de 1900. Certaines maisons sont précédées de cours anglaises, rattrapant en façade la déclivité de la rue. Certaines cours ont été transformées au fil du temps en garage pour automobile.

Côté impair, de nombreuses destructions ont été menées dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, faisant place à des immeubles à appartements de haut standing. De gabarit similaire, en général de huit niveaux, ceux-ci offrent aujourd'hui un front de bâti cohérent devant les Jardins du Roi. Ces destructions ont touché un bâti de grande qualité. Citons par exemple, aux nos 47, 49, deux maisons de l'architecte Georges Hobé (1903), ou, aux nos 65 et 67, deux maisons semi-mitoyennes de style éclectique par l'architecte Wynand Janssens en 1875-1876. Par ailleurs, la rue de la Vallée est soumise au plan particulier d'aménagement approuvé par l'arrêté royal du 07.07.1970, portant sur l'avenue Louise et ses rues adjacentes.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
AVB/PP 2720 (vers 1875).
AVB/TP 47, 49 : 23392 (1902) ; 65, 67 : 23395 (1875-1876).
AVB/Bulletin communal de Bruxelles, 1879, II, p. 519.
ACI/TP Historique des rues (1925).

Ouvrages
CULOT, M., VAN LOO, A. (dir.), Musée des Archives d'Architecture Moderne, AAM éditions, Bruxelles, 1986. p. 90.
DUQUENNE, X., L'avenue Louise à Bruxelles, Xavier Duquenne éd., Bruxelles, 2007.

Périodiques
« Maisons, rue de la Vallée à Bruxelles, architecte : G. Hobé », Architecture &  Décoration, 10, 1903, pl. 49.