Rue rectiligne et pentue reliant l'avenue Louise au carrefour formé par les rues du Beau Site, de la Vanne, de la Croix et de l'Arbre Bénit. Partagée entre les territoires communaux de Bruxelles et d'Ixelles, les nos 15 à 67,  2 à 6 et 66 à 76 sont situés sur Bruxelles ; ce partage correspond grosso modo à la division pairs (Ixelles) / impairs (Bruxelles).

La rue est ouverte suivant l'arrêté royal du 23.09.1843 et prolongée jusqu'à la rue du Beau Site suivant l'arrêté royal du 27.02.1867. Cette rue s'inscrit sur un ancien sentier qui prolongeait le Hondsweg (chemin partant des remparts de Bruxelles, suivant le tracé actuel de la rue Bosquet) et qui continuait vers l'ancien noyau du village d'Ixelles, autour des étangs. La Ville de Bruxelles souhaitait renoncer au raccord de la rue de la Longue Haie à l'avenue Louise, là où la rencontre des deux artères forme un angle de 20,5°. Suite à des pétitions, le prolongement est maintenu et ratifié par l'arrêté royal du 12.04.1864. Il donne lieu à une étrange parcelle à angle aigu (voir avenue Louise 96 à 102).

En séance du Conseil communal de Bruxelles du 03.05.1864, la rue reçoit son nom actuel. Cette dénomination pérennise le nom de l'ancien sentier, dit Langue Haag. Ce chemin servait aussi de débouché à des jardins potagers clôturés par des haies vives.

Dans sa première phase de construction, la rue est bâtie de maisons néoclassiques, certaines unifamiliales et plutôt modestes, d'autres de rapport. Cette première phase est comprise entre 1866 et 1889. La plupart de ces maisons néoclassiques présentent une composition symétrique, de trois travées et trois niveaux ; quelques-unes sont dotées d'un balcon axial. Certaines de ces maisons ont été construites en ensemble par un même propriétaire ; citons le groupe à l'angle formé par les rues du Beau Site et de l'Arbre Bénit (1872), comprenant à l'origine dix maisons aujourd'hui assez défigurées par des transformations successives et amputé de quelques maisons lors de la construction du no 76, un immeuble de style moderniste de 1974. Parmi les constructeurs qui président à cette première phase d'urbanisation, mentionnons les frères entrepreneurs Labarre (nos 57, 59, 61-63). Beaucoup de ces maisons sont aujourd'hui défraîchies ou avilies par des transformations malheureuses (surhausse, parement de briquettes, changement des huisseries, transformations en logements multiples…). Dans cet ensemble plutôt résidentiel, une minoterie est construite au no 61-63 en 1867.

Dans ses premiers numéros impairs, la rue apparaît comme une coulisse de l'avenue Louise : s'y implantent des annexes arrière, des remises, des garages (à partir des années 1920), sis sur parcelles traversantes avec les bâtiments de l'avenue Louise. À partir de la fin des années 1930, des immeubles à appartements de gabarit plus important s'insèrent dans la rue, estompant sa cohérence initiale. La rue de la Longue Haie est soumise au plan particulier d'aménagement (PPA) approuvé par l'arrêté royal du 07.07.1970, portant sur l'avenue Louise et ses rues adjacentes.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
AVB/TP 61-63 : 14426 (1967) ; 64 à 74 rue de la Longue Haie et 131, 133, 135 rue de l'Arbre Bénit : 13936 (1872) ; 76 : 89276 (1974).
AVB/PP 1540 (1858), 1360 (1864).
AVB/Bulletin communal de Bruxelles, I, 1864 ; 1865, p. 25.
ACI/TP Historique des rues (1925).

Ouvrages
DUQUENNE, X., L'avenue Louise à Bruxelles, Xavier Duquenne éd., Bruxelles, 2007.
Inventaire visuel de l'architecture industrielle à Bruxelles. Bruxelles hors pentagone, AAM éd., Bruxelles, 1980-82, fiche 115.