Partagée entre les territoires de Saint-Gilles, de Bruxelles et d'Ixelles, la rue de Livourne, rectiligne et parallèle à l'avenue Louise, relie l'angle des rues Berckmans et de la Bonté au carrefour formé par les rues du Châtelain et Washington. Son tracé caractéristique d'un urbanisme planifié s'insère dans la structure orthogonale du quartier. La rue croise, à angle droit, les rues Blanche, de Florence, Defacqz, Paul-Émile Janson, du Bailli et du Châtelain. Sur le territoire de Bruxelles se trouvent presque toutes les constructions portant un numéro pair (nos 12 à 160), ainsi que quelques numéros impairs situés aux angles de la rue du Bailli (nos 121-123, 125, 127 et 129).

La rue fut tracée suivant le Plan général d'alignement pour l'ouverture de rues et places sur le territoire compris entre l'avenue de La Cambre et les chaussées de Waterloo et de Charleroi, soit le plan du quartier dit Tenbosch, approuvé par l'arrêté royal du 20.02.1864. Dénommée rue Damhouder(e) jusqu'en 1872, la rue est définitivement baptisée rue de Livourne en séance du Conseil communal de Bruxelles du 07.06.1872.

Les 1res constructions de la voirie actuelle apparaissent vers 1869 ; cette phase d'édification perdure une trentaine d'années. Le bâti est mixte, regroupant des maisons de standings divers, la majorité d'inspiration néoclassique, essentiellement des maisons bourgeoises et des hôtels particuliers, dont une belle enfilade dans la première partie de la rue, mais aussi des maisons de rapport aux r.d.ch. commerciaux situées aux abords des carrefours.

L'hôtel Otlet (voir no 48) conçu en style Art nouveau par l'architecte Octave Van Rysselberghe, dont le décor a été réalisé par Henry van de Velde, occupe l'angle de la rue de Florence. À l'angle des rues de Livourne et du Châtelain, l'architecte-décorateur Alban Chambon avait installé ses bureaux, ateliers et magasins, vers 1885 (voir n° 158-160).

Certains tronçons de la voirie ont été particulièrement modifiés par la construction d'immeubles à appartements et d'immeubles de bureaux dès les années 1930 et surtout à partir de la fin des années 1950. Certaines constructions ont été fortement altérées au cours du temps (surhausse, briquettes, transformation des r.d.ch. en accès parkings de l'avenue Louise). C'est notamment le cas du no 86, maison de style éclectique polychrome par l'architecte G. Devalck (1900), surhaussée en 1930, du no 116, maison bourgeoise conçue par l'architecte Ernest Blerot en 1900, transformée en 1952, de l'ensemble éclectique (nos 128 à 134), conçu par l'architecte L. Delbove en 1886, en grande partie surhaussé en 1936-1937.

La rue de Livourne est soumise au plan particulier d'aménagement (PPA) approuvé par l'arrêté royal du 07.07.1970, portant sur l'avenue Louise et ses rues adjacentes.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
AVB/TP 86 : 13800 (1900), 35592 (1930) ; 116 : 13808 (1900), 62639 (1952) ; 128 à 134 : 13805 (1886), 44916, 45178(1936), 45833 (1937).
AVB/Bulletin communal de Bruxelles, 1872.
ACI/TP Historique des rues (1925).

Ouvrages
DUQUENNE, X., L'avenue Louise à Bruxelles, Xavier Duquenne éd., Bruxelles, 2007.