Cette rue rectiligne fait partie des sept artères distribuées par le rond-point de l'Étoile qu'elle relie à l'avenue Jeanne.

Avec les avenues Maurice, des Courses et Jeanne, l'avenue Ernestine fait partie des artères privées ouvertes à l'initiative de Madame Veuve Chantal Vermeren-Coché –alors à la tête de la célèbre manufacture de porcelaine située chaussée de Wavre– sur des terrains acquis en 1832 à la Société Générale par son père, l'imprimeur-éditeur Jean-Jacques Coché, en vue de les valoriser. Elle porte d'ailleurs, aujourd'hui encore, le prénom d'un membre de la famille Coché.
Pour établir la voirie, Madame Coché signe le 30.07.1891 avec l'administration communale une convention prévoyant notamment le maintien d'une zone de non-bâtisse clôturée de grilles en fer posées sur des soubassements de pierre bleue, contribuant au charme et à l'unité du quartier. Devenue publique par arrêté royal du 14.09.1892, l'avenue fait l'objet d'un nouvel alignement déterminé dans le cadre du Plan des avenues du quartier dit «La Petite Suisse» à incorporer dans la voirie urbaine (1891).

[i]Plan des avenues du quartier dit « La Petite Suisse » à incorporer dans la voirie urbaine[/i], 1891, ACI/TP 117.

À l'origine, l'avenue était bordée de quelques villas et de maisons de campagne de caractère pittoresque, construites entre le début des années 1890 et le début du XXe siècle. Parmi elles on citera la maison que s'était fait construire Chantal Vermeren-Coché (1891) à l'angle de l'avenue Ernestine, une petite villa pittoresque de l'architecte Ernest Delune (1895), la maison de campagne Les Violettes de l'architecte Joseph Van Neck (ancien n°3) ou encore la très remarquable villa de style néogothique anglais à l'angle des avenues Ernestine et Maurice, signée par l'architecte E. Salomon de Manchester (1899).

Villa démolie, élévation Ouest, architecte E. Salomon, ACI/Urb., Fonds non classé (1899).

À partir des années 1930, ce bâti disparaît progressivement, remplacé par des immeubles à appartements. Certains portent la signature d'architectes de renom comme Georges Ricquier qui conçoit avenue Ernestine l'une de ses premières réalisations (voir n°14), Jean Delhaye (Résidence Diane, n°4, 1952) ou Sta Jasinski (voir nos9-11 et 13; n°18-22, 1966). D'autres, moins remarquables, sont signés Paul De Vroye (Résidence de la Licorne, n°6, 1953) ou Pierre A. Van Beginne qui construit son immeuble sur le rond-point de l'Étoile (n°2; 1965).
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACI/TP 117.
ACI/TP Historique des rues (1925).
ACI/Urb. 117/Fonds non classé (immeubles démolis).
ACI/Urb. 2: 117-2; 4: 117-4; 6: 117-6; 18-22: 117-18-22.

Ouvrages
CULOT, M. (dir.), L'immeuble et la parcelle. Les immeubles à appartements comme éléments constitutifs du tissu urbain. Le cas de Bruxelles 1870-1980, AAM, Bruxelles, 1982, pp. 93-95.
Ixelles, Ensembles urbanistiques et architecturaux remarquables, ERU, Bruxelles, 1990, pp.117-119.
4: Catalogue des collections, Archives d'Architecture Moderne, tome II, AAM, pp. 116-121.

Périodiques
HAINAUT, M., «Le quartier», Mémoire d'Ixelles, 4, 1981, s.p.
Ancien n°3 (démoli): «Le coin du constructeur, "Les Violettes", Avenue Ernestine», Le Home, 3, 1914, pp. 129-132.
6: «Immeuble à appartements à Bruxelles, Architecte: Paul De Vroye», La Maison, 5, 1955, pp. 144-145.