Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaireJoignant la rue de la Vierge Noire à la place Sainte-Catherine, cet axe de passage et de commerce très ancien est un des vestiges les plus reculés du développement urbain de Bruxelles. C’est en effet un tronçon de l’ancienne «Chaussée» ou «Steenweg» qui traversait la ville d’Ouest en Est via le «Castrum», le «Werf», le «Nedermerct» et le Coudenberg et dont le tracé remonte au moins au XIe siècle (voir aussi rue de Flandre, rue du Marché aux Poulets, rue du Marché aux Herbes, rue de la Madeleine, rue Montagne de la Cour et rue de Namur).
La rue Sainte-Catherine était jadis reliée à la rue du Marché aux Poulets par le Pont des Bateaux — appelé plus tard Pont des Poissonniers — qui franchissait la Senne. À l’Est, elle était fermée par la porte Sainte-Catherine, porte de la première enceinte qui fut détruite en 1609. La façade gothique Ouest de l’ancienne église Sainte-Catherine, démolie en 1893, dominait le côté impair (Nord). Tout ce front de rue fut élargi et rebâti dans le cadre de la reconstruction, à partir de 1883, des îlots compris entre la rue de la Vierge Noire et la place Sainte-Catherine (voir rue Melsens).
Le côté pair (Sud) conserve une remarquable enfilade de façades traditionnelles, à gradins, ou baroques, à volutes, et se termine par une monumentale maison d’angle néoclassique. Quelques maisons perpendiculaires traditionnelles ont été adaptées au XIXe siècle en style néoclassique en abattant le pignon mais en conservant le volume initial. Elles sont révélées par des ancres, la structure du toit et/ou la façade arrière, comme aux nos6 (1835, jadis une haute façade sous pignon à gradins) et 20 (élévation actuelle de 1927). Les nos 12-14 conservent à l’arrière un bâtiment traditionnel de quatre niveaux et quatre travées sous bâtière aiguë avec les mêmes caractéristiques. Au n° 16, une maison néoclassique — dont la façade actuelle a été dessinée en 1933 par l’architecte J. L’Ancre — remplace depuis 1834 une bâtisse à façade sous pignon à gradins. On remarque aussi plusieurs bâtiments reconstruits en style éclectique ainsi qu’un grand-magasin aux nos 12-14 (1928, architecte E. Parée).
Le côté impair est bordé de bâtisses en style éclectique, de hauteur variée, animées par des balcons en fonte typiques, tels les nos 33-35 (1894), 37-41 (1894) et 43-45 (1895).
En 1911, on fit, à la limite Ouest de la parcelle des nos 40-42, le relevé d’un fragment de muraille de la première enceinte (restes de trois arcs-boutants en grès).

Sources

Archives
AVB/TP 28905 et 2817 (1893 et suivantes), 25841 (1835), 35884 (1927), 25840 (1834), 43288 (1933), 35883 (1928), 21832 (1894), 21833 (1894), 21804 (1895); P.P. 2556, A 17.